Suite Manifestation du 24 mai à Foix

[reçu par mail]

Copie des prises de paroles lors de la manifestation du 24 mai à Foix contre le projet de mine à Salau.

Une nouvelle « Montagne d’or », de Salau à Auzat

Prise de parole devant l’ARS à Foix par APRA « le chabot »

C’est ce que veut vendre aujourd’hui le nouveau permis exclusif de recherche minière
déposé par Neometal. Bonnemaison l’affirme : « Un examen des données historiques
d’exploration a démontré que le potentiel aurifère de la région historique de Salau avait été
largement sous-estimé. »
De l’or ET du tungstène ! Du tungstène pour l’armement, de l’or pour les spéculateurs et les
boursicoteurs. L’or n’est pas nécessaire à nos activités d’humains responsables. De l’or il y en
a plein les coffres-forts des banques, de l’or, plein de larmes et de sang, de catastrophes
écologiques et de nature détruite.
Sur toute la planète, il n’y a pas un seul exemple de mine d’or qui n’ait eu sa catastrophe
humaine et environnementale. Pas un seul site sans destructions. Ce n’est pas un avenir
pour nos cours d’eau. Ce n’est pas un avenir pour nos vallées.
Nous connaissons déjà le prix des résidus miniers, ces cadeaux monstrueux que nous laissent
les multinationales de l’extraction. Quelques années ou dizaines d’années d’exploitation,
pour des centaines, des milliers d’années de pollutions diverses. Ces vallées du Couserans,
Salat et Lez, qui sont déjà marquées par les pollutions de plomb, de zinc et d’arsenic, n’ont
pas besoin de remettre ça .
Dans la vallée du Lez, les sols sont contaminés au plomb, au zinc et à l’arsenic jusque dans la
cours des écoles et dans les jardins potagers. Sur le Salat, c’est l’arsenic, associé au minerai
de tungstène chargé d’amiante, qui pollue les terrils bordant les sources du Salat.
Et demain, on nous promet une « montagne d’or » sur les montagnes ariégeoises, de Salau à
Auzat, avec l’inévitable cortège de pollutions et de catastrophes. Quoiqu’en puissent dire les
tenants du concept de la « Mine Responsable », il n’y a pas de moyen sûr et propre d’extraire
et de traiter l’or. Hormis la battée, mais je doute fort que Bonnemaison et Neométal s’en
servent beaucoup, toutes les méthodes sont terriblement dangereuses : Iodure et bromure,
Chlorure, Thiocyanate, Thiourée ou Mercure. Mais de tous, c’est encore le Cyanure qui reste
le plus utilisé pour récupérer l’or d’un gisement primaire * (il permet de récupérer jusqu’à
99% de l’or).
Regardez Salsigne chez nos voisins Audois, 100 ans d’exploitation, de l’arsenic finement
broyé plein les terrils et des catastrophes à chaque crue exceptionnelle, qui sont d’ailleurs de
moins en moins exceptionnelles. En 2021, les pluies torrentielles ont ravagé les terrils et les
zones de rétention de déchets saturés en métaux lourds, en arsenic ou en cyanure. Le Maire
de la commune de Conques a du brûler ou jeter tout le matériel des écoles et garderies,
contaminé, et la vente de légumes cultivés en zones inondables, irrigués ou arrosés par les
eaux de l’Orbiel, est régulièrement interdite.
De l’or, plus que du tungstène, c’est ce que fait maintenant miroiter Néométal pour faire
accepter la re-sucette de son projet.
Pas plus que des mines propres, il n’y a de mine heureuse.
Et ce n’est pas parce que nous ouvrirons des mines dans nos montagnes que nous
rendrons justice aux mineurs indiens, congolais ou andins. Ce sont sociétés droguées au
mercantilisme et à un consumérisme suicidaire, qui exigent l’exploitation éhontée de la
nature et des hommes.
Foix le 24 mai 2025

MANIFESTATION DU 24 MAI À FOIX : PRISE DE PAROLE DEVANT L’ARS A FOI

par Stop Mine Salau et Comité Écologique Ariégeois

Est-ce que l’administration de la santé verra ce nouveau projet minier, comme la fois précédente, sans poser les questions de santé publique concernant les travailleurs et les populations, et cela dès le
stade de la recherche minière ?
Craignant que le déni des réalités sanitaires du gisement ne soit à nouveau la règle, nous ne pouvons que rafraîchir la mémoire des responsables sanitaires en rappelant les faits. Du temps de l’activité de l’ancienne mine, l’excavation, le concassage, le broyage et le transport du minerai, libéraient des fibres d’amiante d’une variété d’amphibole : l’actinolite, « disséminée dans la roche encaissante et
donc non repérable à l’œil » selon les travaux d’Henri Pézerat, maître de recherche au CNRS. Le directeur de la mine, M. Faure, avait admis les conclusions d’une étude intitulée « Étude de l’empoussièrement fibreux à la mine de Salau » effectuée en 1984 par M. JL Boulmié, ingénieur du BRGM, docteur en sciences physiques, qui a étudié les poussières en suspension dans l’air des galeries : 50 % des fibres analysées étaient de l’actinolite, une forme d’amphibole-amiante aux
conséquences potentiellement mortelles. Le degré d’exposition des travailleurs aux fibres asbestosiques dépassait de 5 à 7 fois la Valeur Limite d’Exposition Professionnelle aux fibres d’amiante alors admise selon les pourcentages retenus par le directeur de la mine, et même de 10 à 50 fois selon le compte -rendu d’une réunion du service des mines qui a eu lieu à l’Institut de Médecine du Travail et d’Hygiène Industriel, à l’université Paul Sabatier de Toulouse, le 5 novembre 1985 !
Depuis plus de 40 ans, les scientifiques alertent sur le fait que l’amiante est un toxique sans seuil, ce qui a d’ailleurs conduit à son interdiction en Europe et dans de nombreux autres pays.

En outre la présence d’arsénopyrites et de silice renforce la dangerosité de ce gisement, ce que confirment le témoignage d’une infirmière et ceux de quatre médecins.
L’ancienne exploitation a causé de nombreuses pathologiespulmonaires comme l’écrit Mme Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l’INSERM, dans son « Rapport concernant les
risques sanitaires de l’ancienne mine de Tungstène à Salau » le 20 sept 2015 : « En mai 1986 nous avions recensé quatorze cas d’atteintes respiratoires » soit neuf cas d’asbestoses, trois cas de
silicoses et deux décès par cancers broncho-pulmonaires sur 150 travailleurs. Mais « aucun suivi n’a été organisé sur les ouvriers qui se sont dispersés au loin à la fermeture ».
Toutefois un recueil de témoignages parmi les familles encore joignables, a fait apparaître depuis cette époque plus de vingt décès dus à ces types d’affections pulmonaires. Même M. Misseri, l’expert
mandaté par l’État pour enquêter sur la présence de l’amiante, dans un rapport resté en préfecture, a reconnu que cette enquêtecitoyenne réalisée en 2015 auprès de 48 anciens salariés a montréque beaucoup présentaient une pathologie associée à l’expositionprofessionnelle à l’amiante ou/et à d’autres toxiques présents dans la mine (notamment la silice et l’arsenic), avec des cas d’asbestoses, de cancers du poumon, de la plèvre : environ 60% de pathologies pulmonaires et 16% de pathologies cardio-vasculaires, celles-ci pouvant également être consécutives à l’exposition professionnelle à
l’amiante et la silice.
Les opposants au projet ont quant à eux refusé avec constance, malgré les injures et les insinuations, d’envoyer quiconque exposer sa santé et sa vie dans une exploitation aux caractéristiques
hautement pathogènes, démontrées par l’expérience de la mine d’Anglade close Il y a plus de 38 ans… Ils ne tombent pas dans le piège grossier du déni, base de la stratégie des porteurs de projet et
de leurs soutiens ariégeois : « Ce mensonge avait déjà commencé à la fermeture de la mine, lorsqu’on nous disait que ce n’était pas l’amiante qui tuait les mineurs », dit Madeleine Audoir, l’ancienne
infirmière de la mine…
Autoriser l’exploration puis l’exploitation d’une mine contaminée par l’amiante et autres toxiques, reviendrait à transgresser l’interdiction de l’amiante en France et en Europe, tout en considérant qu’il serait redevenu possible d’envisager un « usage contrôlé de l’amiante », grâce à de nouvelles technologies entièrement automatisées. Cela fut le cœur de la stratégie des industriels de l’amiante dans les décennies avant l’interdiction, ayant conduit à l’hécatombe que l’on sait : plus de 3000 décès par cancers de l’amiante en France chaque année.
Le traitement du minerai par des acides a laissé des traces hautement toxiques avec des haldes, sur lesquelles, 40 ans plus tard, aucune végétation ne parvient à pousser. Dans les déchets miniers, l’amiante est et sera toujours présent.
Et quelles seront les conséquences sanitaires de l’utilisation probable du cyanure, le seul utilisable à l’échelle d’une mine, car cette fois la recherche de l’or en vue de son exploitation est ouvertement mise en avant ?
Pour terminer, nous rappelons que l’ARS n’a toujours pas pris de posiEon sur la contamination à l’arsenic et aux métaux lourds de l’eau du Salat et du Lez par les anciens dépôts miniers ni à Salau, ni
à Sentein où il a fallu changer la terre de la cour d’école. Et les travailleurs d’Auzat n’ont-ils pas suffisamment donné avec les dommages de l’aluminium des anciennes installations de Péchiney ?

Quel bilan peut-on dresser des seize années d’exploitation (1970-1986) de
la mine de tungstène à Salau ?

par Stop Mine Salau

– Les 14000 tonnes de tungstène extraites, du fait de leur teneur élevée en arsenic, ont été vendues jusqu’en 1983 seulement à la Russie qui s’en servait uniquement pour son industrie militaire, blindage et obus.

– Plus d’un million de tonnes de déchets miniers pollués demeurent entreposés à l’air libre soutenus par des digues en piteux état. Ces résidus sont contaminés par de l’arsenic, du cadmium, du bismuth, du titane, de l’antimoine, du molybdène, du fluor, des hydrocarbures…et de l’amiante !

– Dès la fin des années 80, plusieurs mineurs sont décédés des suites de l’exposition à l’amiante : nous en parlerons devant le bâtiment de l’Agence Régionale de Santé lors notre premier arrêt.

Malgré l’état pollué de l’ancien site minier près des sources du Salat, et les graves dommages de santé causés par l’exploitation d’un gisement riche en amiante et arsenic :

– La société Variscan-Mines managée notamment par M.Bonnemaison, a obtenu en 2016 un permis pour la recherche du tungstène et métaux connexes dont l’or.
– Durant 10 ans, la commune de Couflens, des habitants de toute la vallée et au-delà, les associations Couflens-Salau Demain, Henri Pézerat, le CEA, le Chabot, Stop Mine Salau, ont informé sans relâche les populations et l’administration des risques non-dits et des mensonges proclamés. Ils ont contesté dans la rue et devant les tribunaux, le permis accordé, au nom de la protection de  l’environnement, de la santé des travailleurs et des populations.
– La justice administrative a infligé trois annulations du permis de recherches aux sociétés Variscan, Apollo Minerals et au Ministère des finances. D’abord pour cause d’insuffisance de moyens financiers, puis de défaut d’information du public sur ces moyens, et en février 2024, pour ne pas avoir tenu compte de la déclaration du secteur en zone Natura 2000 ! Cependant l’État persiste en contestant, de nouveau sur cette décision, au Conseil d’Etat, défendant un permis devenu caduque
depuis février 2022… Huit ans de procédure et l’affaire n’est pas close !

– Pendant ce temps-là Variscan Mines a occupé les lieux à Salau de 2017 à 2019. Il a effectué quelques travaux à l’extérieur de la mine mais n’a pas pu faire de recherche minière proprement dite car toutes les autorisations de travaux demandées, et accordées par les préfètes successives ont été contestées avec succès devant le TA de Toulouse.

– La société australienne Apollo Minerals, qui a acheté Variscan Mines en 2018, devenue de ce fait titulaire du PERM, n’a pas encore rempli toutes ses obligations légales envers ce PERM aujourd’hui échu. Par contre, cette société n’a pas hésité à demander des dommages et intérêts à l’État dès 2019…

C’est dans ce contexte que M. et Mme Bonnemaison ont récidivé en déposant une nouvelle demande de PERM, en juin 2024, au nom de la société Néométal, concernant le secteur de Salau mais aussi les communes d’Ustou, d’Aulus et d’Auzat (100km2), et ils ont osé appeler leur projet « Montagne Ariègeoise » :

– La société Néométal existe depuis 2015 et fait partie depuis de la nébuleuse « Bonnemaison », elle a son siège à Dun en Ariège ! Michelle Bonnemaison en était la présidente jusqu’en juin 2024, aujourd’hui c’est Emmanuel Henry, un ancien de Trafigura qui occupe ce poste.

– Le projet actuel semble sensiblement le même que celui d’il y a dix ans à ceci près : cette fois la recherche d’Or est totalement assumée.

Depuis 2016, le contexte géopolitique a changé :

– Mise en place en 2024 du Critical Raw Materials Act qui vise à diminuer les dépendances de l’Europe.
– Le réarmement est partout mis en avant, en France on veut développer les centrales nucléaires, de ce fait le tungstène, métal dur et résistant à la chaleur est d’autant plus convoité.
Mais l’État tient un discours contradictoire : d’un côté, on nous dit que Tungstène = métal stratégique et d’un autre côté, il confieraitgratuitement, son extraction et son commerce à une société privée
financée par des capitaux étrangers qui s’empresserait de le vendre au plus offrant ! C’est totalement incohérent !

Nous disons qu’il faut immédiatement arrêter ce nouveau projet de
recherche minière car :
– Il serait extrêmement nocif pour l’eau, l’environnement et engendrerait des pollutions supplémentaires sans que les anciennes n’aient pu être traitées.
– Il serait extrêmement nocif pour la santé des éventuels travailleurs et des populations : un emploi qui tue n’est pas un bon emploi !
– Le tungstène est surtout convoité actuellement par l’industrie de l’armement.
– L’or n’a que très peu d’intérêt industriel et les réserves sont importantes !
– Extraire des métaux demande beaucoup d’énergie et d’eau. C’est un leurre d’en faire un argument pour la transition énergétique.
– Laisser jouer des apprentis sorciers à faire des forages profonds dans les communes d’Aulus les Bains et d’Ustou dont toutes les activités économiques dépendent de l’eau, serait une absurdité.
– Vouloir ajouter à Auzat des pollutions minières aux pollutions industrielles encore présentes est aberrant !

L’Ariège n’est pas minable !
Ne les laissons pas faire !
Aucun nouveau minerai ne doit sortir de terre, ni en Ariège, ni ailleurs.

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Mobilisations contre les usines de puces et l’extractivisme

[pompé sur oclibertaire]

Pour lutter contre la numérisation de nos vies, les pollutions et destructions provoquées par l’extractivisme et les usines de puces, l’utilisations de nouvelles technologies dans les industries de la mort, il est important à la fois de débattre et de manifester.
Nous allons revenir sur des rassemblements et manifestations récentes qui ont eu lieu dans différentes régions. D’ampleur variable, elles se complètent bien et sont l’occasion de convergences de luttes.

De l'eau, pas des puces

Les rencontres
L’association Stop Micro organisait à Grenoble du 28 au 30 mars, avec les Soulèvements de la Terre, un colloque et des rencontres, suivis d’une manifestation. Le colloque a évidemment porté en partie sur les usines de puces électroniques, leur consommation pharamineuse d’eau, leur rejet de polluants, leur voracité territoriale. Il a aussi été question de l’usage de ces puces dans le domaine militaire, et en particulier leur utilisation par Israël contre les populations palestiniennes.
Le vendredi, une place importante a été consacrée à l’extractivisme, avec des intervenants internationaux (Québec, Argentine, Congo, Portugal). Le débat sur l’extractivisme en Amérique a bien montré le rapport entre le colonialisme, le mépris des peuples autochtones et l’exploitation minière. Il a montré les difficultés auxquelles les populations concernées font face pour se défendre. Le débat sur le Congo a permis d’éclairer le rapport entre l’extractivisme et la guerre civile.
Un autre intérêt de ces rencontres a été la richesse et la diversité des échanges lors de la journée du samedi. Le village des associations et des collectifs rassemblait des dizaines de groupes sous des barnums. Cela permettait aux uns et aux autres de transmettre des informations sur ses propres actions, de diffuser brochures et ouvrages. Y étant venus du Limousin pour le Comité 15 juin, nous n’avons pas regretté d’avoir fait le déplacement.
On peut seulement regretter deux points. Le premier, c’est le sous-dimensionnement des locaux qui n’a pas permis à l’ensemble des participant·es d’assister aux débats qu’ils auraient souhaité. Le second, c’est les divergences qui sont apparues au sein de Stop-Micro suite au choix (majoritaire) de coorganiser ces journées avec les Soulèvement de la Terre. Une partie des membres de Stop-Micro se sont senti dépossédé·es de leur lutte ; ils et elles ont pu l’exprimer, en particulier par une banderole spécifique lors de la manifestation du dimanche.

La manifestation
La manifestation été volontairement déclarée comme festive avec déguisements, fanfare et batucada, clowns, chansons, et présence de Bassines Non Merci avec leur loutre… Elle s’est déroulée dans la zone industrielle de Bernin et de Crolles, là ou les usines STmicro et Soitec veulent étendre leur emprise sur des terres agricoles pour produire toujours plus de puces. La négociation avec les autorités avait dû porter ses fruits pour que tout se passe dans le calme : un encadrement policier conséquent, avec fouilles d’une partie des véhicules à l’arrivée, mais pas de recherche de blocage ou d’affrontement.
Il faut préciser que l’enjeu n’était pas de boquer un projet imminent ; il s’agissait de rappeler notre opposition à des projets d’extension de ces deux usines qui sont déjà suspendus. Un moment fort de la fin de la manifestation a été l’érection d’une vigie en bois dans le champ de l’agriculteur menacé par le projet d’extension de Soitec.
La manifestation a rassemblé près de 3000 personnes et a été assez longue du fait des arrêts multiples. Pendant ce week-end, de nombreuses banderoles et collages spectaculaires ont été déployés à Grenoble et dans son agglomération. Evidemment, le maire de Grenoble n’a pas pointé le bout de son nez ; ce prétendu écologiste est favorable aux industries électroniques.

Une action parallèle.
Pendant que la manifestation focalisait l’attention de la police sur Crolles et Bernin, un autre groupe menait une action de désarmement d’une autre usine de puces électronique, Télédyne e2v, à Saint-Egrève, de l’autre côté de la métropole iséroise. Cette usine produit effectivement des puces utilisées par l’armée israélienne. Ce groupe d’intervention, baptisé pour l’occasion CEA (Comité Essentiellement Antipuces), a réussi à pénétrer sur le site, couper des câbles d’alimentation, et redécorer la partie accueil à la peinture rouge.

Manifestations contre l'extractivisme

Le quartz à Thiviers
La manifestation « Gardarem Razac », le 29 mars à Thiviers (Dordogne), contre l’extension de la carrière de quartz exploitée par Imerys à Razac, au lieu-dit Pierrefiche, a réuni 250 personnes. Le parcours partait du centre-ville de Thiviers, où était organisée une diffusion de tracts sur le marché avec spectacle, puis marche de 6 km jusqu’à Pierrefiche site de la carrière en cours d’extension. La manifestation s’est terminée par un simulacre de procès d’Imerys.
Des collectifs d’un peu partout en France étaient présents ; ils luttent également contre l’exploitation par Imerys de « minéraux de spécialité » (plutôt pas des métaux) sur leur territoire : stop mines 03, contre la mine de lithium, le collectif contre l’extractivisme 03-63, le collectif Nouvialle (Cantal) luttant contre un projet de carrière de diatomite et pour la défense de la narse de Nouvialle, zone humide menacée , stop mines 87-24 (voir ci-dessous), le collectif de Glomel (Côtes d’Armor) luttant contre l’ouverture de la fosse 4 de la carrière d’andalousite. S’en est suivi un intercollectif pour discuter de la stratégie à tenir dans la lutte contre Imerys.

Le tungstène en Ariège
Une assemblée contre les projets miniers en Ariège et ailleurs se réunit depuis le 15 décembre 2024, à peu près mensuellement, pour lancer la lutte contre la reprise de l’exploitation minière de tungstène en Ariège. S’y réunissent des individus ainsi que les membres de l’association Stop Mines Salau. Le 18 avril, une lettre du préfet de l’Ariège, a informé que la demande de permis exclusif de recherche déposée par la société Néométal était recevable, et donnera lieu à une consultation publique d’ici l’été. La demande concerne des joyeusetés telles le tungstène (utilisé comme durcisseur d’alliages métalliques dans les têtes d’obus, les blindages de véhicules militaires… les pointes de bâtons de marche), mais également l’or, le cuivre, l’étain, le bismuth, le molybdène, le zinc, le plomb, l’argent… le tungstène a déjà été exploité jusqu’en 1983 à Couflens au lieu-dit Salau, et ayant laissé 1 000 000 de m3 de déchets pollués dans la vallée du Salat, causé la mort de plusieurs personnes travaillant dans la mine par contact avec l’amiante présent naturellement dans la roche exploitée.
La surface concernée par ce nouveau permis s’étend sur 4 communes et s’étend sur près de 100 km².
Une grande manifestation contre les projets miniers en Ariège et ailleurs est appelée le 24 mai à 14h30 à Foix par l’assemblée de lutte.

L’or en Haute-Vienne
4 permis d’exploration sont en cours en Haute-Vienne et Dordogne : ceux de la CMA (Compagnie des mines arédiennes) et celui d’Aurélius Ressources. Derrière ces deux compagnies canadiennes (qui veulent se faire passer pour locales), les mêmes personnes. Les permis totalisent une surface de 400 km²… pour l’Or, mais aussi tout le cortège métallique l’accompagnant (argent, antimoine, tungstène, étain, molybdène, lithium, niobium, tantale, cuivre, zinc, plomb, nickel, bismuth, béryllium, cobalt, germanium, indium, platine, terres rares. Les forages géologiques d’exploration ont démarré en mars, et la Société d’industrie minérale est venue faire une réunion d’étude à l’ancienne mine d’or du Bourneix, au Chalard le même mois. Face à cette accélération, une manifestation a eu lieu le 25 mars au Chalard pour informer les participants à la réunion de la SIM que l’exploitation minière n’était pas la bienvenue. Le 19 avril à Saint Yrieix a eu lieu une nouvelle manifestation contre le lancement des forages d’exploration sur le site de Lauriéras. Elle a rassemblé malgré la pluie 350 personnes, habitants locaux, agriculteurs et soutiens venu du reste du département. Le collectif Stop Mines avait fait le choix de faire une manifestation « citoyenne » calme et sans trop de radicalisme pour rassembler largement. La grande majorité des manifestant·es étaient cependant des militant·es, et étant donné le temps, nous n’avons pas croisé beaucoup de « citoyens » de Saint-Yrieix.

ADMC

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Allemagne : deux ans de « Switch Off » – un bilan d’étape

[pompé sur Sansnom]

[Pour qui n’aurait pas suivi leurs activités, on pourra aussi relire avant la traduction de leur bilan ci-dessous, celle de leur brochure parue il y a un ans : Switch-Off, interventions radicales contre la destruction de la planète. Documentation, analyses et discussion, (traduit de l’allemand), septembre 2024, 80 pages A4]


Deux ans de Switch-Off – un bilan d’étape
(Traduit de l’allemand de Switch off, 16 avril 2025]

Cela fait deux ans que nous avons pris la parole pour la première fois. Cet appel a été écrit en plein milieu du débat stratégique en cours dans le mouvement pour le climat. A l’époque, après les occupations de forêts de Hambi, Danni, et dans la suite directe de Lützerath, le potentiel des actions de masse semblait pour beaucoup épuisé. Dans le contexte de ces actions de protestations et autres actions de masse, nous avons voulu proposer un projet mettant l’accent sur des actions directes décentralisées.

A ce moment-là, le regard porté sur l’effondrement climatique et la peur face à cette menace, nous ont fait considérer l’urgence d’apporter des méthodes radicales et d’intensifier des pratiques révolutionnaires au sein du mouvement pour le climat.

Nous avons formulé des perspectives anti-étatiques, autonomes et anarchistes de sabotage, et nous voulions les mettre en œuvre plus fortement dans ce contexte.

Quant aux contenus, nous nous sommes concentrés sur une analyse anti-coloniale et critique de la technologie. Nous avons été inspiré.e.s par les luttes autochtones et leurs pratiques de résistance contre l’exploitation (néo) coloniale et la destruction de leurs territoires. L’exploitation coloniale fait non seulement partie de l’histoire idéologiquement raciste de l’Occident, mais elle continue à être partie prenante des velléités d’expansion économiques et impérialistes de grandes entreprises comme la Deutsche Bahn avec le méga-projet Tren Maya. Avec notre analyse et avec notre appel, nous nous sommes placés solidairement du côté de luttes aux quatre coins du monde. La destruction constante de la terre nous a montré la nécessité d’attaquer les infrastructures industrielles, et les possibilités que cela offrait de renforcer une prise en compte internationale de ces luttes.

A ce moment-là dominaient alors du côté de l’État les propositions pour un Green New Deal, tandis que la propagande des entreprises tentait de nous vendre la mobilité électrique et la numérisation comme solutions et comme perspectives utopiques ; les dominants promettaient hypocritement au mouvement pour le climat de faire les pas nécessaires pour atteindre l’objectif des 1,5 degrés.

Dans cette situation imbriquant effondrement du climat, autoritarisme croissant dans le monde, et changement de stratégie du mouvement pour le climat, nous avons appelé sous le slogan « Switch-Off the system of destruction » à nous mettre en lien, et à placer nos luttes et nos actions dans un contexte commun.

Retour sur deux années de pratique

Il s’est passé beaucoup de choses au cours de ces deux années. L’appel a été largement reçu, et beaucoup y ont fait référence avec leurs actions. Leur éventail a été varié, s’étendant d’attaques concrètes contre l’industrie automobile (-électrique) et le sabotage d’infrastructures importantes telles que le rail et les réseaux électriques, à des actions contre des projets de construction des grands profiteurs de la dévastation de la nature comme l’industrie du ciment, les travaux routiers et l’exploitation du lignite. En outre, des acteurs et des voies d’approvisionnement de l’industrie de l’armement ont été pris pour cibles.

De nombreuses actions ont été menées en solidarité avec des luttes hors d’Europe. Des attaques contre des véhicules, des bureaux et des infrastructures de la Deutsche Bahn, contre Siemens ou contre le consulat du Mexique à Hambourg ont en particulier fait référence au projet de Tren Maya. Des mots et des actes ont apporté proximité et joie, rencontrant un écho dans différents endroits du monde et se mettant concrètement en lien par l’initiative Switch-Off. Une telle inspiration et des relations internationales de solidarité se retrouvent par exemple dans :

Les luttes contre l’industrie du ciment et du béton qui pillent la terre et empoisonnent les eaux sur le territoire d’Abya Yala. Les attaques contre des géants du béton en France et en Allemagne ont montré que des actions bien ciblées peuvent aussi bien enflammer des luttes locales qu’avoir un impact international.

Les actions contre le grand projet de ligne [ferroviaire] de Botnie Septentrionale dans le Nord de la Suède, sur le territoire des autochtones Sami, qui voient leurs terres morcelées et les matières premières expédiées à échelle industrielle vers les usines de transformation verte.

Les mouvements de protestation persistants contre l’exploitation du charbon, que ce soit dans le bois de Sünden jouxtant la mine à ciel ouvert de Hambach, ou sur les territoires des Yukpa en Abya Yala.

Ou dans les attaques contre le pipeline Coastal Gaslink sur les territoires des Wet’suwet’en, et celles qui s’opposent à ce même projet en Allemagne.

Dans le texte « Le conflit à Abya Yala et sa proximité avec Switch-Off », il est dit à ce propos :

« Vus nos points communs et nos particularités, et étant données les urgences et les besoins qui nous appellent à agir, il nous semble approprié de mettre en lien les actions contre la machinerie du pillage du continent et de la terre avec la campagne „Switch Off!“, afin de renforcer nos luttes et d’approfondir le combat contre l’existant et son caractère historiquement internationaliste, pour rendre visible dans le monde entier la nécessité urgente de refuser en pratique cette réalité, avec tous les moyens à notre disposition et de montrer par des actions qu’il est possible de la combattre, de renvoyer la destruction à la gueule des principaux responsables et auteurs de ces conditions, et aussi pour montrer qu’il est possible d’embrasser une vie digne, rompant avec la misère dans laquelle ils veulent nous étouffer et nous ensevelir. »

Le fait que des actions en provenance de l’espace germanophone aient été perçues, que l’appel ait aussi été discuté internationalement, avec parfois une participation au travers d’actions, nous a donné une joie et un courage incroyables. Les deux dernières années nous ont montré une fois de plus que la lutte internationaliste contre cette misère n’est pas une chose abstraite, mais qu’elle s’exprime dans des luttes et des attaques concrètes.

Pourtant, quelle que soit la joie procurée par ces nombreuses actions aux multiples facettes, nous pouvons observer que les grandes protestations et mobilisations pour le climat ont diminué au cours des dernières années dans l’espace germanophone. Dans le même temps, la répression contre les actions de blocages et de désobéissance civile s’est extrêmement durcie, ce qui a certainement joué dans ce recul.

La question écologique semble avoir disparu de la conscience à différents niveaux. Sans vouloir occulter les rapports d’exploitation au sein des sociétés occidentales, il est clair que nous ne pouvons pas nous attendre à ce que les « masses » se mettent en mouvement dans un avenir proche, car une grande partie de la population des centres capitalistes ne veut pas perdre ses privilèges.

Cependant, il est apparu que des actions directes continuelles ne provoquent pas que des dégâts matériels, mais peuvent aussi alimenter une force et une dynamique par-delà les frontières (étatiques).

L’objectif était d’ouvrir un débat – est-ce que ça a marché ?

Switch-Off a appelé à remettre en question, à saboter et à attaquer durablement l’infrastructure du capitalisme. Durablement, dans le sens de la destruction sur la durée et à long terme d’infrastructures industrielles, et de manière diverses, dans le sens de l’emploi de plusieurs sortes de moyens. Nous constatons qu’une partie des attaques reprenant ce slogan ont été empreintes d’une dimension spectaculaire, d’une grande finesse et d’une forte conviction, mais n’ont guère témoigné d’une diversité de moyens et d’une reproductibilité assez simple. Le problème de l’appel et des pratiques qui ont suivi a été, et reste donc, l’isolement partiel dans le cadre des luttes radicales. On a besoin de techniques subversives reproductibles. Les formes d’actions ne doivent pas être réservées à un groupe exclusif possédant déjà les connaissances et les instruments pour réaliser ces sabotages. C’est pourquoi nous pensons que des espaces sûrs doivent se multiplier pour parler de formes d’actions offensives, partager des compétences et se soutenir. Les connaissances sur les infrastructures critiques et les manières de les détruire doivent être rendues plus accessibles. C’est plus facile à dire qu’à faire. Les moments d’actions offensives spectaculaires menées en commun, lors de mouvements de masse et de rencontres comme à Lützerath sont importants, marquants et créent souvent un point de jonction vers la politisation, la mise en réseau et une pratique politique diversifiée. Mais nous ne pouvons pas attendre ce genre de grands événements. Nos discussions doivent aussi avoir lieu en dehors de ces moments.

Ces dernières années, le mouvement pour le climat a perdu beaucoup de son importance. Alors que les occupations de forêts, de villages et de routes étaient autrefois « le point focal numéro un » et attiraient les calomnies des politiciens, des grandes entreprises et de la presse, le changement climatique a désormais été évincé de l’actualité et de la conscience collective par les dernières guerres en date, les crises économiques et le débat raciste sur la migration.

Pourtant, il y a des développements actuels qui, dans le champ de tension entre les luttes écologiques et la fascisation croissante, montrent des perspectives de résistance. C’est par exemple le cas avec les protestations à Grünheide contre la Gigafactory de Tesla et l’attaque incendiaire du groupe Volcan, qui a certainement fait irruption dans beaucoup de discussions autour de la table de la cuisine, démontrant une fois de plus à quel point l’action directe peut être efficiente. Les attaques contre Tesla, qui ont déjà probablement retiré de la circulation des centaines de ces bagnoles dans différents endroits du monde, montrent actuellement l’énorme force qui peut émaner d’actions directes, d’attaques, de sabotages, de textes et de gestes de rébellion de toutes sortes, quand tout cela est mis en lien.

Jusqu’à un certain point, nous avons certainement réussi à mettre sur la table l’action directe et le sabotage dans le débat stratégique du mouvement pour le climat, en tant que méthodes de lutte contre la destruction de la planète. Mais il est difficile d’en déterminer les effets. Certaines actions et communiqués ont aussi connu un certaine diffusion au-delà du mouvement, mais ils se heurtent aussi socialement à un backlash général.

Switch-Off dans le contexte de la fascisation,
de la militarisation et de la politique des frontières

Les prévisions d’aggravation des crises globales les plus diverses se sont presque bousculées au portillon.

Depuis le 17 février 2022, la deuxième invasion de l’Ukraine par la Russie s’est intensifiée. Après le massacre du 7 octobre 2023, Israël a lancé sa guerre destructrice contre la bande de Gaza, le Liban et la Syrie. Avec encore d’autres guerres de haute intensité au Congo, au Kurdistan, au Yémen, au Myanmar, au Soudan, se dessinent une militarisation générale et une augmentation des conflits militaires.

Les politiques reconnaissent, utilisent et alimentent cette dynamique. En reprenant le refrain bien connu de l’absence d’alternative, ils nous offrent une perspective bien émoussée : en un temps où la guerre mondiale menace, il serait plus important de se replier sur soi-même, d’être capable de se défendre, et d’assurer sa propre suprématie. Ce faisant, ils utilisent une rhétorique qui présente des parallèles éloquents avec la guerre froide et tentent de diviser le monde entre bons et mauvais dirigeants. Cette logique militaire se retrouve aussi en ce qui concerne la manière de surmonter d’autres crises. Elle consiste expressément à garantir des ressources par des moyens guerriers. La « question de la défense » est efficacement et manifestement utilisée pour faire passer à la trappe tous les autres conflits sociaux.

Le deuxième gouvernement Trump montre actuellement à quelle vitesse des acquis (réformistes) obtenus par une lutte qui a duré des décennies peuvent être simplement jetés par-dessus bord. On assiste à un retour de bâton patriarcal massif, qui aimerait détruire ce pour quoi les mouvements antiracistes, les féministes et les queers se sont battu.e.s depuis des dizaines d’années. Quelques maîtres dans ce monde ont le pouvoir d’abolir « des droits humains » comme le droit à l’avortement, à l’auto-détermination de son genre, à l’objection de conscience, le droit d’asile, etc. Cette fragilité montre la dépendance massive vis-à-vis de l’État, et met en évidence qu’il n’y a pas, et qu’il ne peut y avoir, de dignité humaine universelle dans le cadre des rapports existants. Les « droits humains » ne sont que de simples concessions de la part de l’État. La situation actuelle montre clairement que, même lorsqu’ils ont été obtenus au prix de durs efforts et du sang, les droits civiques sont au mieux un pari sur le temps, et ne peuvent donc pas être l’objectif de nos luttes.

Cette fascisation s’observe dans le monde entier. Partout, des forces fascistes et autoritaires se renforcent et arrivent au pouvoir. Les partis bourgeois rivalisent dans leur politique raciste aux frontières, et la répression sociale contre les personnes pauvres, stigmatisées et handicapées par le système ne cesse d’augmenter. Les gouvernements qui agissent de manière toujours plus autoritaire sont issus de l’« ancien centre bourgeois » qui a tenté de dépasser sur leur droite les populistes d’extrême-droite.

Parallèlement, la militarisation et le réarmement de l’armée et des frontières évoqués plus haut sont présentés comme inévitables. Partout, une guerre croissante est menée contre les personnes déplacées par les catastrophes. Elles sont toujours plus la cible de la propagande fasciste et de la politique migratoire raciste.

Conflits pour les ressources.
Secteur clef de l’industrie des puces électroniques

Les États et les entreprises exigent toujours plus ouvertement que les ressources soient sécurisées militairement. Il ne s’agit pas seulement de lithium et de terres rares, mais aussi des emplacements pour des industries-clé à forte valeur. L’intelligence artificielle est noatmment considérée comme un de ces éléments : une technologie qui serait inconcevable sans la puissance de calcul des microprocesseurs les plus modernes. Ces derniers sont conçus par Nvidia dans la Silicon Valley et fabriqués par TSMC et d’autres exclusivement à Taïwan (avec des machines d’exposition uniques au monde fabriquées par ASML à Eindhoven). Les Etats-Unis et l’UE investissent actuellement beaucoup d’argent pour développer une industrie « nationale » de puces électroniques – l’objectif étant de s’assurer la suprématie technologique face à une Chine proclamée « rival systémique ». La fabrication de puces électroniques nécessite des terres rares et beaucoup d’énergie.

Afin de réduire la dépendance aux importations, la nature est exploitée encore plus intensément à la périphérie européenne. L’opposition locale à la mine de Jadar du groupe anglo-australien Rio Tinto en Serbie a mis en évidence le déséquilibre des pouvoirs au sein de l’Europe. Alors que la résistance contre la mine avait été couronnée de succès et que le projet avait été annulé, Olaf Scholz s’est personnellement rendu à Belgrade pour impulser la reprise du projet. En effet, les constructeurs automobiles allemands ont besoin de lithium pour leurs voitures électriques. Cette dynamique est la même que dans d’autres projets liés au lithium au Portugal, et dans différentes mines chez les Sapmí. Mais la hausse de l’exploitation minière ne se limite aucunement aux marges de l’Europe, au contraire, des gisements sont également recherchés en son centre, et les possibilités de résistance sont donc infinies.

Un exemple évident de toute la brutalité de l’exploitation occidentale des ressources a été notamment fourni par les conditions posées par les États-Unis pour continuer à soutenir militairement l’Ukraine :

„[Ainsi] le sénateur républicain [Lindsey Graham] de Caroline du Sud a déclaré pourquoi l’Occident devrait absolument gagner la guerre en Ukraine : le pays serait une « mine d’or ». Rien que dans les territoires occupés par la Russie se trouveraient des matières premières critiques d’une valeur de douze billions de dollars américains. « Je ne voudrais pas laisser cette manne à Poutine pour qu’il se la partage avec la Chine […] Si nous aidons l’Ukraine maintenant, elle pourra devenir le partenaire économique dont nous avons toujours rêvé ».“

Depuis leurs débuts, les microprocesseurs constituent une technologie militaire importante. Il faut donc voir les usines de puces électroniques prévues comme faisant partie du nécessaire décloisonnement économique en vue des préparatifs de guerre. Mais les technologies-clef ne jouent pas uniquement un rôle déterminant dans l’entrelacs géopolitique du climat et de la guerre. De plus en plus de technologies clés à usage « civil » et « militaire » sont produites par de petites start-ups. Celles-ci se donnent souvent une image de modernité et de progrès. Elles se vantent de contribuer à un avenir écologique respectueux de l’environnement. Elles omettent volontiers que ces mêmes technologies contribuent aussi excellemment à l’industrie de l’armement, et sont utilisées pour tuer.

Ou alors, les entreprises d’armement deviennent tout de suite des « woke » et, avec un cynisme à peine croyable, se voient attribuer un vernis vert. Ainsi, il existe déjà des munitions biodégradables, une production « durable » de missiles et il semble que ce ne soit plus qu’une question de temps avant que le premier char électrique ne sorte des chaînes de production. Là où le gaz et le charbon étaient autrefois les industries décisives, l’IA et la haute technologie sont désormais les ressources déterminantes. En interconnexion fine, différentes entreprises et start-ups travaillent de concert, constituant une industrie de l’armement technologiquement évoluée, et composée de chaînes complexes d’approvisionnement.

D’une certaine manière, prenons aussi cela comme une chance dans la lutte contre cette industrie technologique de l’armement. Car des technologies clés de plus en plus spécialisées dépendent aussi davantage de chaînes d’approvisionnement de plus en plus diversifiées. Et c’est précisément là que nous voyons le potentiel de provoquer des interruptions et d’attaquer la production de petites start-ups.

L’IA comme technologie-clé et arme de guerre

La plus grande et la plus relevante de ces technologies clés est sans doute l’IA, dans laquelle les technocrates voient aujourd’hui la solution à tous les problèmes.

Comment traiter autrement les quantités inimaginables de données nécessaires pour piloter des drones-taxis autonomes dans le trafic urbain – ainsi que sur un champ de bataille ? Comment la gestion du flux d’électricité dans un réseau avec encore plus de consommateurs et de fournisseurs non linéaires peut-elle fonctionner sans IA ? Ou comment analyser les images prises partout et tout le temps ? Évidemment, on n’accorde guère d’attention critique au fait que cette technologie engloutit une énorme quantité de ressources. La production de puces électroniques absorbe beaucoup d’eau et les centres de calculs de l’IA tellement d’énergie, que Microsoft a été la première entreprise à activer une centrale nucléaire pour les alimenter en énergie.

Les programmes « Lavender » et « Where’s Daddy » utilisés par Israël dans la guerre de Gaza prennent en charge pour l’armée la quasi-totalité du choix des cibles pour les frappes aériennes. Sur une échelle de 1 à 100, la machine évalue l’appartenance à des groupes militants pour tou.tes les habitant.es de la bande de Gaza. Le tout sur la base des données des services de renseignement. Le logiciel propose ainsi des cibles et informe dès que la victime se trouve chez elle, dans son cercle familial. Un quota concernant l’importance militaire d’une cible et le nombre de victimes civiles acceptées joue également un rôle. Plusieurs dizaines de milliers de Palestinien.ne.s ont ainsi été exécuté.e.s sur proposition d’un ordinateur, avec l’aval d’officiers israéliens.

Cet exemple montre une fois de plus que l’IA ne peut jamais être un instrument d’émancipation, car là où elle vient de contrôler la destruction et l’anéantissement de la vie, elle produit juste après une vidéo publicitaire montrant comment une station balnéaire pourrait être planifiée sur les ruines de Gaza. Il est difficile de saisir toute l’horreur de ces procédés.

La peur doit changer de camp

Nous avons peur, peur du fascisme, de la répression croissante, de la guerre, du fucking Trump, et des fanatiques qui gouvernent ce monde. Nous nous nous sentons incapables de bouger, parce que tout semble se précipiter, paralysé.e.s, avec la catastrophe climatique qui dégénère. Nous savons que les dominants veulent nous voir incapables d’agir, neutralisé.e.s et impuissant.e.s, mais nous ne leur feront pas ce plaisir.

Nous voulons en finir avec l’État et sa société. Cependant, nos réalités de vie sont tellement imbriquées avec les structures étatiques et l’industrie, qu’il est difficile de penser en dehors de cette logique. Pourtant, nous savons aussi que nous ne devrions pas nous laisser guider par cette peur. Parce qu’elle nous pousse à revenir vers de vieilles certitudes, parce que c’est la peur de perdre nos privilèges.

Nous savons aussi que la meilleure défense, c’est l’attaque.

Nous avons du mal à trouver un chemin clair pour nos projets, à élaborer une perspective qui nous amène à un meilleur endroit. Nous nous sentons faibles et démuni.e.s face aux rapports établis, mais nous avons appris qu’il n’y a aucun sens à faire appel à l’État, car il reproduit les conditions de notre perte de prises.

Et malgré toute cette misère, nous savons que nous sommes là les un.e.s pour les autres, que nous pouvons nous donner de la force et de la vigueur, que nous pouvons les trouver dans nos luttes, notre solidarité, notre diversité. Nous n’avons pas besoin de ligne unique, mais d’idées claires et d’un sens de l’entraide. Nous cherchons la réciprocité, la rencontre, la critique, l’inspiration, et les liens entre nos luttes. Non pas parce nous voulons devenir un parti, mais parce nous avons besoin les un.e.s des autres, et parce que nous nous reconnaissons dans la rage qui s’embrase partout dans le monde, à chaque fois renouvelée.

Amour à celleux qui sont là, dehors, dans le chaos des luttes, des actions, des projets ; là dehors dans la nuit, dans les taules, en clandestinité, dans les forêts, dans les rues, sur les mers et aux frontières.

Nous avons emprunté ce chemin, qui sait où il nous mènera ? Nous avons appris des combattant.e.s autochtones que le monde a déjà souvent sombré.

Quoi qu’il advienne, nous nous reverrons, là, dehors.

« Oublions l’avant-garde, elle ne nous est d’aucune utilité : une révolte généralisée, sans leader ni centre de gravité, voilà précisément ce qu’aucune armée ou police ne pourra jamais espérer dompter » – Total Liberation

Switch-Off le système de destruction

Publié dans Agitation, Capitalisme vert, Sabotage, Voiture électrique | Commentaires fermés sur Allemagne : deux ans de « Switch Off » – un bilan d’étape

L’Europe sacrifie l’Asie centrale pour trouver son énergie « verte »

[pompé sur Reporterre]

La mine d’Almalyk, en Ouzbékistan, le 1er novembre 2022.

L’Union européenne multiplie les investissements visant des minerais et la production d’énergie en Asie centrale. Malgré son discours sur une stratégie « gagnant-gagnant », l’environnement et les populations locales sont menacés.

À l’ouest du Kazakhstan, des bancs de sable remplacent la mer Caspienne, tandis qu’à Karaganda, dans le centre du pays, la neige vire au noir chaque hiver. En Ouzbékistan, le désert de Kyzylkoum grignote les terres autrefois fertiles de la région de Navoï. L’Asie centrale porte les stigmates de décennies d’exploitation pétrolière, gazière et minière. Pour la population, les ressources ne sont pas non plus une bénédiction : depuis les années 1990, leur exploitation est contrôlée par les majors étrangères et les élites locales, qui se partagent les rentes.

Aujourd’hui, ce sont les ressources dites « vertes » qui attirent l’attention sur la région. Lithium, nickel, uranium, terres rares : l’Asie centrale regorge de matières premières critiques, utilisées pour fabriquer des technologies bas carbone. Et ce n’est pas tout : avec son potentiel solaire, éolien et hydraulique, l’Asie centrale est un terrain idéal pour produire de l’hydrogène vert, qualifié ainsi car obtenu par électrolyse de l’eau, un procédé réalisé à partir d’énergies renouvelables et peu émetteur de CO2.

Ces ressources subiront-elles le même sort que les hydrocarbures ? Aujourd’hui, les États de la région les mettent aux enchères, en quête d’investisseurs qui ne se contentent pas de les extraire, mais participent aussi à la montée en gamme de l’industrie locale. Et ça, l’Union européenne (UE) l’a bien compris. À Samarcande (Ouzbékistan), lors du sommet UE-Asie centrale du 4 avril, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a promis des « partenariats mutuellement bénéfiques », fondés sur la création d’industries locales et d’emplois, ainsi que la production et l’exportation d’énergie verte.

Lithium kazakh et uranium ouzbek

Bénéfiques, ces projets le seront à coup sûr pour l’Europe, dont la demande en matériaux critiques ne fera qu’augmenter, prévient la Commission, alors que l’offre, elle, reste très restreinte. Échanger avec l’Asie centrale réduirait sa dépendance à la Chine, son principal fournisseur. Depuis les accords signés avec le Kazakhstan en 2022 et l’Ouzbékistan en 2024, elle a déjà investi dans le graphite et le cuivre via ses bras financiers, la Banque européenne d’investissement et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Elle ne cache pas son intérêt pour les terres rares. En parallèle, l’Allemagne lorgne le lithium kazakh pour ses batteries. La France, qui importe déjà de l’uranium du Kazakhstan, accélère la production en Ouzbékistan.

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Pour alimenter ses industries avec de l’énergie « propre », l’UE compte importer 10 millions de tonnes d’hydrogène vert par an dès 2030, dont 2 millions du Kazakhstan. En 2023, l’entreprise germano-suédoise Svevind a investi dans un gigantesque site de production à Mangystau, près de la mer Caspienne.

Le plateau d’Ustyurt, où les projets de production d’hydrogène pourraient entraver les routes utilisées par la faune sauvage. Wikimedia Commons / CC BYSA 4.0 / Максат79

Doté de parcs éoliens et solaires, le site produirait, dès 2030, 40 gigawattheure d’électricité, sans compter celle issue de l’électrolyse. « C’est plus que la capacité actuelle de tout le pays, dit Vadim Ni, fondateur de l’ONG Save the Caspian Sea. Mais la totalité servira à produire l’hydrogène exporté vers l’Allemagne. »

« Les partenariats n’auront aucun effet sur la transition énergétique d’Asie centrale »

De cette énergie verte produite sur son sol, le Kazakhstan ne verra pas la couleur. Pour en bénéficier, il faudrait moderniser un réseau électrique hérité de l’époque soviétique, conçu pour des centrales à charbon et inadapté aux renouvelables. Des investissements considérables qui ne sont pas, pour l’instant, à l’agenda européen.

Lire aussi : Le pétrole au cœur de la révolte au Kazakhstan

Le pays, à l’instar de l’Ouzbékistan, aurait pourtant besoin d’accélérer sa transition. L’électricité y est toujours produite au charbon pour l’un, au gaz pour l’autre. En 2024, alors qu’il a les objectifs de réduction des émissions de CO2 les plus ambitieux de la région, le Kazakhstan a investi davantage dans de nouvelles capacités charbon que dans les renouvelables, rapporte le Global Energy Monitor.

Une dépendance aggravée par l’exploitation des matières critiques. Car les usines de transformation des minerais tournent au charbon, explique Dimitry Kalmykov, directeur du musée écologique de Karaganda. « Les partenariats n’auront aucun effet sur la transition énergétique d’Asie centrale », affirme Vadim Ni.

« Préjudice irréversible à la biodiversité »

Pire encore, « les projets extractifs menacent d’accroître une pollution de l’air déjà critique », s’inquiète Dimitry Kalmykov. Cendres, métaux lourds, ammoniac : plusieurs études, dont une communication scientifique présentée en 2020, établissent un lien direct entre industrie minière et dépassement des seuils toxiques.

Quant au projet hydrogène, Kirill Ossin, fondateur de l’ONG EcoMangystau, prévient qu’il risque de porter un « préjudice irréversible à la biodiversité ». Construit dans la réserve naturelle d’Ustyurt, dans le sud-ouest du Kazakhstan, le parc détruirait l’habitat des gazelles et couperait les corridors empruntés par l’aigle des steppes, le koulan — un âne sauvage — et le léopard de Perse.

 
Il ne subsiste à l’état sauvage que 1 000 léopards de Perse, dont le milieu naturel est menacé par un projet d’extraction d’hydrogène vert au Kazakhstan. Wikimedia Commons / CC BYSA 2.0 DE / Marcel Burkhard

S’y ajoute la saumure issue du dessalement de l’eau de mer, nécessaire à l’électrolyse. Plus chaude et plus salée que l’eau d’origine, elle pourrait perturber les écosystèmes marins si elle était rejetée dans la Caspienne. Une étude de faisabilité commandée par le gouvernement allemand, coécrite par Svevind, évoque un traitement « durable » des rejets, sans en préciser les modalités.

Vieux réflexes extractivistes

Les habitants aussi pourraient en faire les frais, car neuf litres d’eau seront pompés pour produire chaque kilo d’hydrogène, dans une région aride où l’accès à l’eau est déjà conflictuel. Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme : la mer Caspienne a baissé de deux mètres en vingt ans, et pourrait en perdre jusqu’à 14 de plus d’ici à la fin du siècle. C’est la pêche, l’agriculture et la consommation domestique qui sont menacées.

L’étude allemande admet une « situation critique » et reconnaît que l’hydrogène « accentuera la pression sur les ressources en eau ». Anticipant les critiques, l’UE a lancé le plan d’investissement Team Europe pour améliorer la gestion de l’eau. Cependant, signalent certains chercheurs : les financements sont insuffisants et sa mise en œuvre repose sur la bonne volonté des élites locales.

« La transparence se réduit, l’information ne circule pas et les citoyens ne sont pas consultés »

Malgré leurs zones d’ombre, les projets ne sont pas rejetés en bloc par les activistes. Sous conditions, ils admettent qu’ils pourraient profiter à la transition comme aux habitants. « C’est un projet prometteur, attractif, avec des retombées économiques importantes », reconnaît Kirill Ossin à propos de l’hydrogène. Mais tous dénoncent l’approche européenne qui perpétue les vieux réflexes extractivistes, par « peur de passer à côté de ressources dont elle a besoin », dit Mariya Lobacheva, directrice d’Echo, une ONG kazakhe pour la transparence et la participation citoyenne.

Craintes d’une répétition du scénario des années 1990

Vadim Ni regrette que l’UE « s’en remette aux autorités locales, alors même qu’elles ne sont pas toujours compétentes ». En 2021, le Kazakhstan s’est doté d’un Code de l’environnement censé contraindre les entreprises à limiter leur empreinte écologique. Mais, faute de moyens, « le système d’évaluation environnementale stratégique n’est pas appliqué », explique-t-il.

Derrière la vitrine démocratique, Mariya Lobacheva fait un constat amer : « La transparence se réduit, l’information ne circule pas et les citoyens ne sont pas consultés. » La société civile peine donc à jouer un rôle de garde-fou. « Personne ne fait pression sur les investisseurs ou le gouvernement. Les gens ne croient pas à leur capacité à changer les choses », dit Dimitry Kalmykov.

Mariya Lobacheva redoute une répétition du scénario des années 1990, lorsque les contrats signés avec les majors pétrolières ont été conclus sans consultation publique. Même les emplois promis par l’UE ne réveillent pas son enthousiasme : « Il n’y a aucune transparence sur les conditions et les niveaux de qualification des postes réservés aux Kazakhs. »

Pour convaincre l’Asie centrale de ses bonnes intentions, l’UE doit passer à l’acte. En commençant par ouvrir le dialogue avec les habitants, scientifiques et écologistes, « seule façon de garantir des partenariats gagnant-gagnant », affirme Kirill Ossin.

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En Serbie, la lutte contre le lithium alimente une révolte historique

[pompé sur Reporterre]

Les manifestants qui contestent depuis six mois le pouvoir en place en Serbie se sont joints à la lutte contre la plus grande mine de lithium d’Europe. Ce projet, soutenu par l’UE, menace les réserves d’eau potable du pays.

Dans une ambiance de fête, ils arrivent par petits groupes, avec leurs gilets jaunes recouverts de badges, leurs pancartes et leurs sifflets autour du cou. Le 9 mai, nombre d’étudiants serbes ont décidé d’envahir le centre de Loznica, une petite ville de l’ouest de la Serbie près de laquelle pourrait s’ouvrir la plus grande mine de lithium d’Europe, portée par la multinationale anglo-australienne Rio Tinto.

« Je suis venu manifester pour défendre la vallée du Jadar et à cause des actions inquiétantes qu’entreprend notre gouvernement », explique Nikola Boca sur son vélo. Cet étudiant en comptabilité de 21 ans a fait partie des 80 jeunes cyclistes qui ont pédalé en avril 1 400 km jusqu’à Strasbourg, afin d’alerter les institutions européennes sur la corruption dans leur pays, candidat à l’Union européenne (UE). « On s’oppose au projet parce qu’il faut défendre la nature près de laquelle on a grandi, défend Nikola. Certains projets pourraient avoir des conséquences négatives pour nous tous. »

Convergence des luttes

Cette manifestation s’inscrit dans un mouvement de contestation plus large, qui secoue la Serbie depuis six mois. Le 1er novembre 2024, le toit en béton de la gare de Novi Sad, tout juste rénovée à grand frais, s’effondrait, faisant seize morts dans le nord du pays. La tragédie est rapidement devenue un symbole de la corruption qui ronge la Serbie du président Aleksandar Vučić, au pouvoir depuis 2012.

Déterminés et organisés dans leurs facultés au sein de plenums où s’expriment horizontalité et démocratie directe, les étudiants animent depuis un mouvement de contestation inédit qui fait trembler le régime. Des foules immenses ont régulièrement répondu à leur appel pour la justice et un État de droit. Jusqu’à 300 000 personnes se sont ainsi massées sur les boulevards de Belgrade le 15 mars : la plus grande manifestation de l’histoire de la Serbie. Mais le président, un proche du dirigeant hongrois Viktor Orban et allié de Moscou, s’accroche au pouvoir.

Sit-in, grèves, marches, marathons… afin d’éviter l’essoufflement de la contestation, les étudiants ont multiplié les actions dans tout le pays, obtenant le soutien d’une partie importante des 6,6 millions de Serbes, largement favorables à leur mouvement. Les agriculteurs de Loznica, opposés depuis des années au projet de mine de lithium de Rio Tinto sont par exemple régulièrement venus les aider à bloquer les routes avec leurs tracteurs. La convergence des luttes semble se dessiner dans une société malmenée par une douzaine d’années d’autoritarisme et de régression démocratique depuis l’arrivée au pouvoir d’Aleksandar Vučić.

« Les institutions fonctionnent uniquement au service du pouvoir et de certaines corporations »

« Nos revendications sont les mêmes que celles des étudiants : nous avons un problème avec les institutions, dit l’agriculteur Zlatko Kokanovic, chef de file de l’initiative Ne donnons pas le Jadar, qui se bat contre le projet d’extraction minière. Les institutions fonctionnent uniquement au service du pouvoir et de certaines corporations. Tout se résume à la corruption et à la capture de l’ensemble des institutions par les dirigeants actuels : le système judiciaire, mais aussi l’armée, l’Église, la police… Ils ont plongé ce pays dans un état d’immoralité, de corruption et de crime. »

Avec leur dénonciation du système clientéliste mis en place par le parti au pouvoir, les étudiants comme les opposants à la mine sont devenus les bêtes noires du régime. Les tabloïds et les chaînes de télévision pro-Vučić les accusent quotidiennement d’être des « agents de l’étranger » et de fomenter « une révolution de couleur », reprenant le lexique de Vladimir Poutine.

Symbole de la dilapidation des ressources naturelles

À 10 kilomètres du centre de Loznica, la vallée du Jadar, où la mine pourrait voir le jour, offre un cadre enchanteur, avec des petits champs fertiles entourés de collines verdoyantes. Mais, dans le village avoisinant de Gornje Nedeljice, plusieurs maisons n’ont plus de toit, ni de fenêtres : soumis à la pression des autorités et de la multinationale, beaucoup d’habitants ont cédé et vendu leur terrain. Au milieu de ce paysage de désolation, un groupe de joggeuses venues de Belgrade participe à une bruyante course en relais. C’est le vingtième week-end de suite que ces mères de famille courent en soutien aux étudiants.

« Toutes ces dernières années, nous nous sommes cachés dans des trous de souris face à ce pouvoir, en nous persuadant que nous étions une minorité, mais en fait, nous sommes la majorité. C’est juste que nous nous taisions et les étudiants nous ont convaincus de ne plus nous taire, s’enthousiasme ainsi Marijana Agic-Molnar. Tout le monde est maintenant informé des conséquences qu’aura le projet de Rio Tinto, notamment sur l’approvisionnement en eau. Mais l’élite politique ne prête pas attention aux avis des acteurs compétents, ni de l’opinion publique. C’est pour ça que nous sommes ici : pour leur dire que ça suffit ! »

« La façon dont ils prévoient de stocker les déchets est effrayante »

Grâce à l’immense gisement du Jadar, la multinationale anglo-australienne Rio Tinto prévoit l’extraction dès 2028 de plus de 58 000 tonnes de lithium par an, de quoi fournir la production de plus de 1 million de véhicules électriques. En Serbie, le projet est devenu le symbole de la dilapidation des ressources naturelles par un régime corrompu, qui a mis au pas les contre-pouvoirs. Alors que certains projets passés de Rio Tinto en Australie, à Madagascar, ou encore en Papouasie-Nouvelle-Guinée ont eu des conséquences sanitaires et environnementales désastreuses, les opposants serbes s’inquiètent notamment pour leur futur accès à l’eau et ils ne croient pas au discours rassurants de la multinationale.

« Leur étude d’impact environnemental recense six espèces impactées, alors que nous en avons compté 250 ! s’alarme ainsi Krizmanic Imre, professeur à la faculté de biologie de Belgrade. La façon dont ils prévoient de stocker les déchets est effrayante : pendant soixante ans, des caisses de quelques millimètres d’épaisseur vont être remplies de dizaines de millions de tonnes de déchets les plus toxiques : de l’arsenic, du bore, des métaux lourds… Ils seront déposés ici et resteront pour toujours en pénétrant le sol et en infiltrant nos cours d’eau. Et on est dans une région où se trouve la plus grande réserve d’eau potable de l’ouest de la Serbie. »

Complaisance d’Emmanuel Macron

Il y a trois ans déjà, le projet de Rio Tinto avait suscité des manifestations gigantesques partout en Serbie, contraignant le président Vučić à annoncer sa suspension. Mais, à l’été 2024, il a été relancé par la signature d’un partenariat stratégique avec l’Union européenne en présence du chancelier allemand Olaf Scholz, accompagné des dirigeants de Mercedes et Stellantis. Un choc pour la jeunesse de Loznica, qui ne veut pas être sacrifiée au profit de la « transition verte » de l’UE et de l’électrification de l’industrie automobile allemande.

Lire aussi : L’Europe sacrifie l’Asie centrale pour trouver son énergie « verte »

« Savoir comment nous allons vivre et préserver notre nature est bien plus important que de savoir si nous aurons des voitures électriques ou des batteries pour ces voitures, se désole ainsi Nena Popovic, 18 ans, membre d’une chaîne humaine dans le centre de sa ville de Loznica. On peut vivre sans ces batteries, mais pas sans eau ni un air sain. »

Dans des Balkans occidentaux toujours tenus à la porte de l’UE et de ses standards environnementaux, les citoyens s’inquiètent de voir leurs pays transformés en colonies minières. Les permis de prospection se multiplient en Bosnie-Herzégovine comme en Serbie et la course à « l’or blanc » agite les investisseurs extractivistes. « Loznica n’est pas le seul endroit où Rio Tinto veut implanter des mines, s’inquiète Nena Popovic en montrant son badge, qui clame « ils ne mineront pas ». C’est une lutte qui nous réunit et qui concerne tout le monde dans la région. »

Depuis plusieurs semaines, les étudiants serbes tentent d’obtenir le soutien des dirigeants européens dans leur lutte pour l’État de droit. Sans succès pour l’instant, puisque Aleksandar Vučić a même été reçu par Emmanuel Macron en le 9 avril. Le président français n’a pas eu un mot pour ce mouvement inédit en faveur de la démocratie. Il faut dire que les entreprises françaises présentes à Belgrade — Vinci, Michelin, Veolia, Dassault — semblent elles aussi fort peu s’émouvoir de la dérive autocratique du pouvoir serbe.

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Niort : « L’action directe continuera tant que je vivrai… »

[pompé sur Attaque]

Libération / mardi 8 avril 2025

Depuis septembre, un étrange phénomène frappe les rues de la préfecture des Deux-Sèvres : une fois par mois environ, un véhicule sorti des usines d’Elon Musk prend feu. «Libé» a suivi les traces du pyromane, jusqu’à le débusquer [c-à-d : une écrivaillonne de Libé a posté une annonce sur Indy Nantes et les compas ont bien voulu lui répondre ; NdAtt.].

gare-de-Niort-oct-2024

L’épaisse fumée de la cigarette électronique d’Ivana s’écrase contre la vitre de sa Tesla. «Pour la garer, maintenant, je choisis un lieu où il y a du passage et des caméras», explique la vingtenaire. A Niort (Deux-Sèvres), où cette commerciale travaille, un étrange phénomène court les rues depuis septembre. Au moins une fois par mois, quelque part en ville, une voiture de la célèbre marque américaine prend feu au cœur de la nuit. Sorte de roulette russe du pneu cramé. De jeu des Loups-Garous version bagnole calcinée. Rien que sur le parking où son véhicule électrique fait le plein, les flammes ont sévi en octobre et aucun conducteur ne prend depuis le risque de s’absenter le temps de la recharge. La jeune femme enrage : «C’est honteux, on crame pas des voitures pour des opinions politiques, tout comme on n’achète pas une Tesla pour Elon Musk.»

Forcément, face à ces feux en série, l’hypothèse d’une action anti-Musk est la première envisagée. Manifestations , véhicules rayés, incendies de concessions… Ces derniers temps, les dégradations à l’égard de la marque du milliardaire s’accumulent au fil des frasques de son grand patron. Notamment depuis le salut nazi du bras droit de Trump en janvier. Les soutiens à l’extrême droite et les coupes franches dans les administrations américaines sont d’ailleurs l’une des explications de la chute des ventes de Tesla de 13 % au premier trimestre 2025 par rapport à la même période l’an dernier et l’effondrement de l’action de la marque d’Austin de plus de la moitié depuis le record du 17 décembre 2024. Mais dans le cas de Niort, le doute plane encore : l’homme le plus riche du monde est-il la cible du coupable, toujours recherché ?

Pour commencer, les dates ne coïncident pas : les premiers incendies ont eu lieu bien avant le geste polémique du big boss. Ensuite, outre la dizaine de Tesla cramée, au moins deux véhicules de luxe ont aussi été visés. Une Porsche et une Aston Martin. Dans les rues beiges de la ville, des traces noirâtres se mêlent désormais au décor. Ici sur des branches carbonisées, là sur une palissade autrefois immaculée. Ces traces, Libé les a suivies, et a remonté la piste de l’incendiaire en série de Niort.

La poisse de Stéphan

En ce moment, pas mal de monde charrie Stéphan. Les collègues, déjà. «Ils m’ont demandé si j’avais essayé de faire un barbecue»,raconte ce commercial du BTP, par ailleurs végétarien. Et les pompiers, aussi. «Encore vous ?» lui lancent-ils goguenards, le 10 mars. Les hommes du feu éteignent alors pour la deuxième fois en quelques mois un incendie en bas de chez lui, route d’Aiffres. Des flammes qui, de nouveau, réduisent en cendres une Tesla blanche, son véhicule de fonction.

La première fois, c’était le 15 septembre. «Mes voisins avaient entendu du bruit et des voix, mais j’ai d’abord cru que c’était accidentel», rapporte le quadra à fines lunettes. A la deuxième Tesla HS, le doute se dissipe. Cette nuit-là, les policiers rappliquent, très agacés. Vingt minutes plus tôt, leur patrouille est passée devant l’allée du Niortais sans rien observer d’anormal. «Ça fait un certain tempsqu’on surveille toutes les Tesla », lui expliquent les agents.

A ce moment-là, cela fait aussi un certain temps qu’ils cherchent le coupable. Depuis septembre, une enquête est ouverte au chef de «destruction volontaire par incendie» par le parquet de Niort. Mais pour l’heure, le serial incendiaire ne cesse de s’évaporer. Sans jamais laisser sur les lieux un indice sur ses motivations. Depuis son salon, Stéphan a vue sur la place de parking encore carbonisée. Regard mélancolique devant un buisson lui aussi touché : «Les feuilles cachaient la route l’été… C’est dommage.» A ses pieds, son chien, un shih tzu aux poils emmêlés, soupire de concert.

Le zen de Didier

Bermuda, gambettes bronzées et bracelets perlés façon surfeur, Didier vit à quelques mètres de Stéphan, dans un quartier tranquille du boulevard Charles-Baudelaire. Le quinqua se décrit comme «le sixième de la bande». Comprendre : le sixième à avoir vu sa Tesla finir au bûcher, le 18 novembre. Lorsque les pompiers sont arrivés cette nuit-là, le propriétaire les a médusés. Le feu a pris devant sa palissade, juste à côté d’un autre de ses véhicules : son précieux combi Volkswagen. La portière droite de ce dernier commençait à flamber, mais qu’importe. Didier est monté à bord, l’a démarré et déplacé. Son voisin, Stéphan, en pouffe encore : «Je crois qu’il s’est fait un peu fait gronder.»

Didier n’a jamais envisagé la possibilité d’une action anti-Musk. Le Niortais n’en a d’ailleurs pas grand-chose à faire de ce milliardaire. Au chômage lorsque le feu a pris, il a acheté sa Model 3 à 40 000 euros en 2023 dans l’espoir de la revendre un an plus tard. Idéalement, un peu plus chère. «Le problème, c’est qu’Elon Muska décidé de baisser le prix du neuf », regrette-t-il. L’autre souci, c’est qu’il ne reste aujourd’hui de l’automobile plus que le coffre. Et les 35 000 euros que l’assurance a bien voulu lui reverser.

Pour démasquer le coupable, le quinquagénaire a vérifié la caméra de son jardin. Mais sur les images, personne. Seule «une boule de feu»scintille. Avec le recul, Didier préfère en rire : «J’aimais bien ma Tesla, c’était une voiture de feignant, avec une seule pédale.»On lui demande dans quoi il roule maintenant. Moue déçue d’un enfant : «Une Renault Zoe.»

La galère de Simon

«Votre pneu avant droit est dégonflé.» Simon a reçu cette notification à 2h18, le 15 octobre, alors que sa voiture se consumait entièrement. Lui aussi a perdu sa Tesla à côté de chez lui, avenue de Limoges. Le genre de voie sur laquelle les voitures rasent les maisons toute la journée. «Un policier m’a dit qu’une canette de Schweppes remplie d’essence avait été retrouvée dans un buisson près d’un autre incendie. Mais depuis, je n’ai plus de nouvelle», rapporte l’homme de 24 ans.

Alternant en cybersécurité, Simon faisait le trajet Niort-Nantes pour travailler. 1 h 40 aller, 1 h 40 retour. Après l’incendie, l’étudiant aux bouclettes blondes a dû se débrouiller, entre véhicule de prêt et covoiturage. «J’ai fini par me dire que j’allais être viré», se rappelle-t-il. Finalement, une solution est trouvée : les jours où Simon n’a pas de voiture, il se rend en train au siège de sa boîte… à Paris. Trois fois plus loin que Nantes, mais plus accessible depuis Niort. «J’ai tenté un nombre incalculable de fois de demander un geste à Tesla, on m’a envoyé balader», regrette-t-il avec amertume. Libé, qui a aussi contacté l’entreprise pour des renseignements, n’a pas eu beaucoup plus de chance.

Qui a fait le coup ? Le rapport d’expertise a seulement permis de conclure que le feu était parti du coin avant droit de sa voiture. Pendant un temps, le jeune homme a eu l’espoir de résoudre le mystère grâce au mode Sentinelle, une fonctionnalité filmant les abords de sa Tesla. Mais la clé USB stockant les images a elle aussi été détruite par les flammes. Désormais, Simon ne dispose que d’un seul et maigre indice : une tentative d’ouverture de sa poignée de portière, enregistrée par le véhicule à 2 h 16.

Le blues de Christian

Les fleurs de sa boutique respirent la joie de vivre. Mais le regard de Christian se perd dans le vide. Le chef d’entreprise de 47 ans ne se remet pas de la perte de sa voiture, survenue le 22 octobre. Sans cesse, il se repasse le film. L’anniversaire de sa femme dans un bon resto, le choix d’y aller avec son véhicule fétiche et celui enfin de le « faire dormir» une fois, «juste une fois», dans la rue. La fois de trop : son Aston Martin aussi a goûté aux flammes. «Je ne suis pas millionnaire, j’ai acheté cette voiture pour 55 000 euros. C’était le fruit du travail et de sacrifices. J’en rêvais et j’avais la ferme intention de vieillir avec», raconte-t-il, la gorge nouée.

C’est le klaxon devenu fou de son véhicule qui l’a réveillé ce soir-là. En chaussettes, le quadra s’est précipité dans la rue : comme celle de Simon, sa voiture était garée avenue de Limoges. Et comme celle de l’étudiant, les flammes s’étaient déclenchées du côté avant droit de l’engin. L’expertise a confirmé que l’incendie était volontaire. «Cette voiture avait un dessin superbe. Quand j’avais un coup de mou, j’allais faire un tour avec et ça allait mieux. Quand je la voyais, j’avais toujours ce petit coup de cœur, celui de l’amoureux», s’émeut Christian. Dans ses yeux, une lueur brille. Avant de s’éteindre aussitôt : «Qu’est-ce que j’ai fait de mal à ceux qui l’ont brûlée ?»

La colère de l’incendiaire

En octobre et novembre, deux feux de Tesla ont frappé le parking de la gare de Niort. Des restes d’aluminium cramé jonchent encore le sol. Le 28 novembre, un véhicule s’est embrasé avenue Léo-Lagrange. L’un des volets de la maison du propriétaire, noirci et gondolé par les flammes, demeure baissé. Dernièrement, le serial brûleur a élargi sa zone d’action à Chauray, à environ 12 km de Niort. Deux Tesla appartenant à une mutuelle sont entrées en combustion, le 18 mars. Le maire Claude Boisson (sans étiquette) s’étonne : «On est une ville très calme, ici les véhicules ne brûlent pas. Ou s’ils brûlent, c’est pour une histoire de court-circuit.»

Le même jour que ce feu, une publication intrigante est apparue sur Internet. Sur le site militant de Nantes Indymedia [ou ici ; NdAtt.], un article signé par «des anarchistes» relate : «Afin de bousculer le quotidien de petits-bourgeois, ou du moins, d’individus se comportant comme tels, quinze de leurs voitures ont été incendiées dans la région de Niort.» Des feux non accidentels, insistent-ils, sans pour autant les revendiquer.

Libé a tenté de contacter l’auteur. Et a un jour reçu un mail anonyme : «Nos échanges se feront uniquement via chiffrement.» Condition acceptée. «Je suis un des militants à l’origine de ces actions», se présente l’internaute. En guise de preuve, il nous fournit une liste des adresses précises de certains feux. Ainsi que des plaques d’immatriculation concernées. On l’interroge sur ses motivations. D’emblée, il éclaire : «Le salut nazi d’Elon Musk n’a pas été le déclencheur.» Même si le geste a, concède-t-il, «renforcé la cause anticapitaliste et antifasciste, en établissant publiquement un lien évident entre le capitalisme et la montée de l’extrême droite, notamment du nazisme».

D’après notre interlocuteur, les militants ont voulu viser «la bourgeoisie». «Parce qu’il est indécent et provocateur que certaines personnes se permettent d’acheter et de parader dans la rue avec des véhicules de luxe […] alors que d’autres survivent à peine», s’indigne-t-il. Pourquoi avoir surtout visé les Tesla ? Car c’est «un Big Brother sur roues, et dans une société dans laquelle la technologie prend une place croissante au détriment des libertés et de l’environnement, il est plus que nécessaire d’agir». La façon dont ils mènent leur combat, admet-il, a peu de chance d’être «audible par les propriétaires des voitures incendiées» . Toutefois, il continuera. Dans un dernier échange, on lui demande s’il compte ressortir le briquet bientôt : «L’action directe continuera tant que je vivrai, sous différentes formes et à différents endroits.»

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St Yrieix la Perche – Nouvelle manifestation contre les mines d’or

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Samedi 19 avril 2025, plus de 350 personnes se sont rassemblées à St Yrieix La Perche, au sud de la Haute-Vienne pour dire non aux mines d’or, ni ici, ni ailleurs. Pour elles, les mines, c’est de la pollution de l’eau et de l’air, des nuisances sonores. Le profil pour quelque uns et la « merde » pour les riverains, comme l’a très bien exprimé Patrick Blondy, pomiculteur à Coussac-Bonneval.
Ce cortège bigarré, hétéroclite se voulait totalement apolitique. Des agriculteurs et agricultrices de la Confédération paysanne et de la FNSEA, la députée LFI Manon Meunier, le maire de Chateau Chervix Jean-Paul Lachaud (sans étiquette), , des professionnels du tourisme… Des personnes de tout âge, de toute sensibilité… car la question des mines d’or concerne tout le monde.

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Appel à une grande manifestation en Ariège pour dire Stop aux nouveaux projets miniers

[pompé sur stopminesalau]

Après la mise en échec d’un premier permis de recherches minières pour la réouverture de la mine de Salau, une nouvelle demande de permis a été déposée. Toujours aussi toxique, le projet de Néometal concerne cette fois-ci les communes d’Ustou, d’Aulus, d’Auzat et de Couflens-Salau. Il prévoit aussi une usine de traitement du minerai à Saint-Girons. Ce projet mortifère ne doit pas voir le jour !
À Salau et à Eylie 900.000 m3 de résidus miniers empoisonnent déjà les sols et les eaux : amiante, arsenic, cadmium, plomb et autres métaux lourds. Il n’y a aucune illusion possible : la réouverture des
mines, c’est toujours plus de déchets toxiques ingérables et une pollution des eaux systématique.
Cette fois-ci l’extraction de l’or, convoité, va nécessiter un traitement au cyanure, peu recommandé par les agences de santé et très nocif pour l’environnement. Les tenants du projet parlent d’une « mine propre et responsable ». Que de mensonges : la mine propre n’existe pas ! On ne fera pas disparaître par enchantement les déchets miniers et la pollution des cours d’eau. Faut-il aussi citer les norias de camions chargés de minerais, circulant sur les routes de montagne traversant les villages et des sites naturels ?
Dans la mine de Salau, la présence d’amiante et les maladies mortelles des derniers mineurs sont clairement documentées, malgré le déni des tenants du projet. Aucune technique moderne n’évitera ces graves risques pour la santé des ouvriers et des riverains. Du temps de son fonctionnement, la mine de Salau a créé des emplois, d’où la nostalgie de certains pour cette époque. Mais aujourd’hui, que valent quelques emplois temporaires créés au milieu des machines automatiques face à l’empoisonnement irréversible du territoire et des populations ?
La ruée minière d’aujourd’hui se fait au nom de la « transition écologique », de la numérisation totale de la société et du réarmement des États. Contrairement aux arguments avancés, ce n’est pas en creusant ici que l’on empêchera la barbarie minière dans d’autres régions du monde. C’est la folie extractiviste et coloniale du capitalisme que l’on doit combattre.

Ne les laissons pas faire !
Aucun nouveau minerai ne doit sortir de terre, ni en Ariège, ni ailleurs !

Grande Manifestation le 24 mai – 14h30, allées de Villote, Foix

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18 terrains de foot par jour : nos voitures électriques détruisent la forêt

[pompé sur reporterre.net]

Rouler à l’électrique accélère la déforestation. C’est la conclusion inquiétante d’une nouvelle étude, publiée le 7 mai par les ONG Fern et Rainforest Foundation Norway. « La future demande européenne en matière de véhicules électriques pourrait faire payer un lourd tribut aux forêts mondiales et aux peuples autochtones », alertent les ONG, alors que les pays de l’OCDE planchent sur un approvisionnement « responsable » en minerais.

D’après ce rapport, la poursuite de nos usages actuels, qui s’appuient sur des batteries composées principalement de minerais extraits des sols forestiers, entraînerait la destruction de 118 000 hectares de forêts. Soit l’équivalent de 18 terrains de football par jour au cours des vingt-cinq prochaines années, rien que pour satisfaire la demande européenne.

« La consommation en métaux des Européens génère des massacres »

Les batteries représentent environ 70 % de l’empreinte de déforestation des véhicules électriques. Comme Reporterre le révélait en 2023, même le cobalt dit « responsable » est extrait dans des conditions sociales et écologiques désastreuses. « La consommation en métaux des Européens génère des massacres », dénonçait également sur notre site l’association Génération Lumière.

Pour éviter ce désastre, les chercheurs de l’association négaWatt et de l’université de Vienne — qui ont rédigé l’étude — proposent un scénario alternatif, qui permettrait de réduire la déforestation prévue de 82 %. Celui-ci repose sur le passage à des batteries plus innovantes, qui utilisent du fer et du phosphate plutôt que du nickel et du cobalt, vecteurs de déforestation.

Il se base également sur des politiques de sobriété. « Cela veut dire promouvoir des voitures plus petites, encourager le covoiturage, réduire la demande de déplacements, ou encore diminuer la dépendance à l’égard de la voiture, en particulier grâce à une mobilité plus partagée », précise Adrien Toledano, coauteur de l’étude pour négaWatt, dans un communiqué.

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Le tracé de la RD301 va-t-il être modifié à Saint-Victor? Une consultation publique bientôt lancée

[pompé sur rjfm.net]

Le Conseil départemental de l’Allier va lancer une consultation publique à Saint-Victor le 19 mai,  Elle porte sur un projet de modification du tracé de la Route départementale 301, c’est l’axe qui longe l’usine Dunlop, et qui rejoint Vaux.

Une modification sollicitée par Imerys, dans le cadre de son projet Emili de transformation du lithium, zone de la Loue.Il nécessiterait en fait la création d’un embranchement ferroviaire afin d’acheminer la matière première. Le dévoiement de l’axe routier permettrait ainsi d’éviter le franchissement du faisceau ferroviaire. Et donc de renforcer la sécurité des automobilistes.

Les usagers et habitants pourront s’informer et donner leur avis sur les détails de ce projet à la mairie de Saint-Victor, à la cité administrative de Montluçon, en en ligne sur www.allier.fr. La consultation publique doit durer jusqu’au 13 juin.

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Guerre au Soudan : comment les Émirats convoitent l’or et les terres agricoles

[pompé sur reporterre]

Depuis deux ans, le peuple soudanais subit les conséquences d’une guerre impitoyable entre l’armée régulière et un groupe paramilitaire. Dans l’ombre du conflit, les Émirats arabes unis lorgnent l’or et les terres arables.

Cela fait exactement deux ans que le Soudan, troisième plus grand pays d’Afrique, est ravagé par une guerre civile. Ce conflit, décrit comme « la crise humanitaire et de déplacement la plus dévastatrice au monde » par les Nations unies, oppose les Forces armées soudanaises (FAS), l’armée régulière commandée par Abdel Fattah al-Bourhane, et le groupe paramilitaire des Forces de soutien rapide (FSR), dirigé par Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemetti », un ancien chef de milice qui a opéré pendant la guerre du Darfour (2003-2020).

Les chiffres sont horrifiants : on compte 12 millions de déplacés et plus de 150 000 morts, d’après une estimation faite en 2024 par l’ancien envoyé spécial étasunien au Soudan Tom Perriello. Près de 25 millions de personnes, soit la moitié de la population, souffrent d’une insécurité alimentaire aiguë, dont 8,5 millions en situation d’urgence ou de famine, selon les Nations unies et le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC).

Les mines et les terres au cœur du conflit

En janvier, les Forces de soutien rapide ont été accusées par les États-Unis de génocide contre la communauté Masalit, dans le Darfour, où leurs soldats ont « systématiquement tué des hommes et jeunes garçons et violé des femmes et jeunes femmes du fait de leur origine ethnique ».

Au cœur de cette guerre effroyable, les ressources naturelles du Soudan, en premier lieu son or et ses terres, suscitent l’intérêt d’acteurs puissants. Le pays, qui occupe une position stratégique sur la mer Rouge, est le troisième producteur d’or d’Afrique.

Actuellement, des mines sont exploitées dans les zones sous contrôle des FAS comme dans celles des FSR. Les bénéfices des ventes des deux groupes ennemis, qui avaient créé des sociétés de négoce d’or bien avant la guerre, leur permettent d’acheter des armes.

Ce commerce profite aussi aux acheteurs, et surtout aux Émirats arabes unis (EAU). Ces derniers sont connus pour être l’une des « principales plaques tournantes internationales du commerce » de ce métal précieux, et la première destination de l’or illégal africain, comme l’a montré l’ONG suisse SwissAid.

Les Émirats arabes unis sont obligés d’importer 90 % de leurs denrées alimentaires

Avant le déclenchement de la guerre, la quasi-totalité de la production du Soudan partait vers les EAU, un trajet qui semble toujours d’actualité. Une partie passe aussi en contrebande par d’autres États, dont l’Égypte, avant d’y arriver.

Les vastes terres arables et les produits agricoles du Soudan sont une autre source d’intérêt majeur dans cette guerre. Depuis le début des hostilités, les Forces de soutien rapide mènent de violentes campagnes qui déplacent les populations et s’emparent des terres.

Elles ont détruit de nombreux villages dans l’État de Gezira, la plus grande zone agricole irriguée du pays, pour convertir cette dernière en « gigantesques ranchs militarisés », a rapporté en 2024 dans le Guardian Nicholas Stockton, un ancien fonctionnaire des Nations unies. Le commerce du bétail vers les pays du Golfe est « redevenu la principale industrie d’exportation du Soudan » et « le principal moteur de la guerre », a-t-il dit.

Près d’un million d’hectares de terres sous contrôle

Dans ce secteur, les Émirats arabes unis, qui manquent de terres arables et doivent importer 90 % de leurs denrées alimentaires, sont en première ligne. Comme les autres pays du Golfe, ils sécurisent leurs approvisionnements depuis la crise alimentaire de 2008 en prenant le contrôle de grandes superficies de terres agricoles un peu partout dans le monde. L’organisation Grain a documenté leur « pouvoir croissant » dans « le système alimentaire mondial ».

Le Soudan occupe une place importante au sein de cet « empire logistique » que les Émirats sont en train de bâtir et « qui relie désormais environ un million d’hectares de terres agricoles acquises par les Émirats dans le monde entier à un réseau de ports et de plates-formes logistiques », souligne Grain.

Ainsi, avant la guerre, les EAU avaient conclu avec Khartoum un contrat de six milliards de dollars pour construire un port sur la côte soudanaise et misaient sur des investissements agricoles à grande échelle. Depuis plusieurs années déjà, de grosses entreprises émiraties contrôlent des dizaines de milliers d’hectares dans le pays.

Les chiffres traduisent bien l’importance que les ressources soudanaises représentent pour les EAU : en 2023, les principaux produits exportés par le Soudan vers les Émirats étaient l’or (1,03 milliard de dollars), des graines oléagineuses (15,9 millions de dollars) et des cultures fourragères (14,2 millions de dollars).

Les Émirats arabes unis, acteur incontournable

Pour protéger leurs intérêts, les EAU n’ont pas hésité à prendre parti lorsque la guerre a éclaté : ils ont choisi de soutenir les FSR de Hemetti, avec lesquelles ils étaient déjà en lien d’affaires, selon de nombreux spécialistes de la région et des enquêtes journalistiques. Ils les alimenteraient, entre autres, en armes, en violation d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies.

De l’avis de plusieurs experts, ce mécénat, que les Émirats nient cependant assurer, a été jusqu’ici décisif : sans lui, les FSR n’auraient pas pu tenir aussi longtemps face aux Forces armées du Soudan, comme l’ont expliqué des experts, dont le politologue Federico Donelli et le Centre d’études stratégiques de l’Afrique, qui dépend du département de la Défense des États-Unis.

« Des acteurs extérieurs ont soit activement encouragé les combats, soit fermé les yeux »

« L’horreur au Soudan montre de façon alarmante jusqu’où les Émirats arabes unis sont prêts à aller pour sécuriser leurs intérêts agricoles à l’étranger », constate Grain. Tout en fournissant des armes et un soutien logistique aux FSR, les Émirats prônent la paix et versent des centaines de millions de dollars pour financer l’aide humanitaire au Soudan. Alors que la guerre a détruit le système de production du pays, ils ont aussi organisé en 2024 un sommet mondial sur la sécurité alimentaire.

Le rôle déterminant des EAU fait dire à des experts que l’une des principales clés du conflit se trouve aujourd’hui du côté d’Abou Dabi. « On peut affirmer sans crainte que quiconque souhaite mettre fin aux combats au Soudan devra composer un numéro commençant par +971 [indicatif téléphonique des EAU], puisque toutes les routes menant à Hemetti passent inévitablement par les Émirats », estime Andreas Krieg, professeur assistant au King’s College à Londres.

Mais on sait aussi que l’Égypte et le Qatar, notamment, soutiennent de leur côté les FAS. Si la guerre et les massacres se prolongent, c’est en partie « parce que des acteurs extérieurs ont soit activement encouragé les combats, soit fermé les yeux », a analysé la chercheuse Leena Badri.

Les pays voisins menacés

L’Union européenne (UE) et les autres acteurs internationaux « n’ont pas su agir de manière significative pour protéger les civils attaqués », a déploré de son côté un collectif d’organisations dans une lettre adressée fin mars à la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne et aux ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’UE.

Lire aussi : Un groupe minier français détruit un désert unique au Sénégal

Pour l’instant, il n’y a aucune perspective de paix en vue. Fin mars, les troupes d’Abdel Fattah al-Bourhane, considéré par les Nations unies comme le dirigeant de facto du pays, ont repris l’entier contrôle de Karthoum, mais les FSR tiennent toujours une partie du sud du pays et presque tout le Darfour (ouest).

Désormais, les experts redoutent une propagation du conflit aux pays voisins, comme le Soudan du Sud et le Tchad, où la situation est déjà très fragile, voire explosive. Près de deux millions de Soudanais y sont réfugiés.

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PJL simplification : déréguler l’IA, accélérer sa fuite en avant écocide

[pompé sur laquadraturedunet]

Ce soir ou demain seront examinés les amendements à l’article 15 du projet de loi « simplification » de la vie économique. La Quadrature du Net, en lien avec le collectif Le Nuage était sous nos pieds et les membres de la coalition Hiatus, appelle à sa suppression, et avec beaucoup d’autres actrices et acteurs de la société civile ainsi que des représentant·es politiques, à l’instauration d’un moratoire sur les gros data centers. Participez à cette bataille en vous rendant sur notre page de campagne !

Que prévoit l’article 15 ?

L’article 15 du projet de loi, relatif aux centres de données, s’inscrit parfaitement dans cette sombre histoire : il autorise le gouvernement à octroyer aux projets de construction de très gros data centers, extrêmement impactants sur le plan environnemental, un statut issu de la loi de 2023 sur l’industrie verte : le label « projet d’intérêt national majeur » (PINM). D’après le gouvernement, ce statut pourra être octroyé aux data centers d’une surface comprise entre 30 et 50 hectares (soit jusqu’à 71 terrains de foot) !

Avec ce statut PINM, les multinationales de la tech et les fonds d’investissements qui les soutiennent se verraient assistés par le gouvernement pour imposer les data centers aux communes : l’État prendrait alors la main sur les compétences des collectivités locales relatives à l’urbanisme et à l’aménagement du territoire, en menant lui-même la réécriture des plans locaux d’urbanisme afin de les adapter aux projets concernés. Les procédures de consultation du public seraient encore allégées. Enfin, l’État pourrait accorder des dérogations aux réglementations environnementales, notamment celles relatives aux espèces protégées. En d’autres termes, l’État pourrait court-circuiter les règles existantes au nom de la « simplification » et « l’innovation » et imposer la construction de data centers polluants à des communes.

Déréguler la tech

La loi « simplification » marque donc une étape fondamentale dans la dérégulation de l’IA, le tout au service de l’industrie de la tech et dans le contexte d’une bulle spéculative autour des data centers et d’une rivalité géopolitique croissante entre les puissances impérialistes de ce monde.

Lors du sommet relatif à l’IA organisé par la France en février dernier, la couleur était clairement affichée. Dans son allocution, Emmanuel Macron affirmait : « Si on régule avant d’innover, on se coupera de l’innovation ». Le vice-président étasunien techno-réactionnaire JD Vance, qui avait fait le déplacement à Paris, n’avait pas caché sa satisfaction : « Je suis content de voir qu’un parfum de dérégulation se fait sentir dans nombre de discussions », avait-il déclaré lors de son allocution.

En réalité, dès 2023, la France avait fait des pieds et des mains au niveau de l’Union européenne pour faire primer la sacro-sainte « innovation » sur les droits humains, dans le cadre des négociations sur le règlement IA. Aiguillée par l’ancien ministre Cédric O devenu lobbyiste en chef de la tech française, et à force de coups de pressions voulus par Emmanuel Macron, Paris était parvenu à convaincre ses partenaires européens de privilégier une approche moins-disante. Ces renoncements se sont particulièrement fait sentir sur le front des IA policières, avec la légalisation de la reconnaissance faciale en temps réel et un certain nombre d’exceptions réservées aux forces de police et autres services de renseignement.

Dans le même temps, toujours au nom de l’IA, on multipliait les dispositifs dérogatoires au droit, par exemple via des mécanismes de « bacs-à-sable réglementaires ». Et c’est désormais le RGPD que certains aimeraient détricoter pour « libérer » les IA censément « entravées » par les règles adoptées pour protéger le droit à la vie privée et les données personnelles. Loin de défendre les « valeurs » associées aux droits humains, sociaux et environnementaux, l’Union européenne s’enfonce dans un suivisme mortifère face à la Chine et les États-Unis, deux puissances engagées dans une course à l’IA.

La technocratie en marche

Au nom de la « simplification », l’article 15 du projet de loi débattu par l’Assemblée nationale poursuit ce mouvement de dérégulation en rognant cette fois sur les législations environnementales et le droit à la participation des citoyens concernant les projets de gros centres de données.

Parmi ces derniers, se trouvent les immenses data centers soutenus par le gouvernement français. Dans la perspective de développer ces infrastructures, ossature du numérique dominant, et d’accélérer l’accaparement des terres, des ressources foncières, minières, hydriques et l’exploitation des travailleur·euses qu’elles impliquent, nous voyons aujourd’hui des entreprises comme RTE, normalement garantes du service public de l’énergie vanter leur collaboration avec les multinationales étasuniennes du secteur, comme Digital Realty. Le bilan prévisionnel de RTE prévoit ainsi un triplement de la consommation d’électricité des data centers d’ici à 2035, soit autour de 4% de la consommation nationale.

Du côté du gouvernement, on voit dans les milliards d’euros d’investissements privés annoncés dans les data centers construits en France la confirmation du bien-fondé de sa politique de relance du nucléaire, quitte à passer sous silence les dangers et les grandes inconnues qui entourent ces programmes. Quitte aussi à engager une relance débridée de l’extractivisme minier et des prédations qui y sont liées, comme y encourage l’article 19 de ce même projet de loi « simplification ». Quitte, enfin, à museler les contestations, à s’asseoir sur le droit à la consultation du public et à rogner encore un peu plus sur les compétences de la Commission nationale du débat public, qui depuis des années demande à être saisie lors de la construction des centres de données.

À la clé, c’est d’abord l’impossibilité d’une politique de sobriété collective pour faire face aux crises sociales, climatiques et écologiques. Avec l’augmentation de la demande liée aux data centers, c’est aussi la perspective d’une explosion des prix de l’électricité, la précarité énergétique qu’elle suppose et des risques décuplés de conflits d’usage. Car, à la mesure de leurs moyens financiers, l’appétit des géants de la tech en électricité est insatiable. Il y a quelques jours, Eric Schmidt, ancien PDG de Google et émissaire de la Silicon Valley à Washington, l’admettait sans détour devant une commission du Congrès étasunien au sujet du développement de l’IA :

« Ce que nous attendons de vous [le gouvernement], c’est que nous [la tech] ayons de l’énergie sous toutes ses formes, qu’elle soit renouvelable, non renouvelable, peu importe. Il faut qu’elle soit là, et qu’elle soit là rapidement. De nombreuses personnes prévoient que la demande pour notre industrie passera de 3 % à 99 % de la production totale [d’électricité au niveau mondial] (…) ».

Aux États-Unis, de nombreux producteurs d’électricité s’apprêtent ainsi à rallumer des centrales à gaz ou au charbon, ou à retarder leur fermeture face à la consommation croissante des data centers. Technofascisme et carbofascisme vont indéniablement de pair.

Contre cette fuite en avant, il faut voter contre l’article 15 du projet de loi, et soutenir un moratoire sur les gros data centers, le temps que les conditions d’une maîtrise collective des infrastructures numériques puissent être posées. La balle est désormais dans le camp des parlementaires. Retrouvez notre pour contacter vos représentant·es à l’Assemblée et peser sur leur vote !

 

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[Radio] Guerres des métaux rares au Congo

[pompé sur paris-luttes.infio]

Dans cette émission de Vive la Sociale – FPP 106.3 MhZ – nous vous proposons d’écouter des interventions concernant le développement de l’industrie des micro-processeurs ainsi que le développement de la numérisation et de l’électrification des véhicules qui ont précédés la manifestation du 30 mars contre l’extension de l’usine STMicroelectronics près de Grenoble (« De l’eau, pas des puces »). Bonne écoute !

La manifestation du 30 mars contre l’extension de l’usine STMicroelectronics près de Grenoble (« De l’eau, pas des puces ») a été précédée par des rencontres organisées par le collectif StopMicro (stopmicro38.noblogs.org), où ont été développées toutes les raisons de s’opposer au développement de l’industrie des micro-processeurs, et plus largement au développement de la numérisation et de l’électrification des véhicules. Parmi les interventions faites à cette occasion, nous avons sélectionné celles qui portent sur la dimension extractiviste de cette industrie, avec ses effets terribles au Congo surtout, mais aussi, en plus insidieux, au Canada.

À travers les interventions croisées de Fabien Lebrun, auteur de La Barbarie numérique (éd. L’Echappée), et de David Maenda Kithoko, de l’association Génération lumière, il est successivement question de l’histoire de la colonisation du Congo, de la situation endémique de guerre que subit le pays avec l’intervention de bandes armées et des pays voisins, de l’importance cruciale de plusieurs des métaux contenus dans le sous-sol du Congo pour la fabrication des téléphones portables et les batteries des voitures, et donc du fondement économique de ces guerres qui ravagent le pays, souvent présentées en Occident comme des conflits ethniques.

La réalité de l’exploitation minière au Congo est particulièrement abjecte, mais le témoignage du militant Marc Fafard (à 1h16’) qui suit nous montre que dans un pays occidental et riche comme le Canada, les conséquences humaines des entreprises minières sont là aussi particulièrement destructrices.

Source : http://vivelasociale.org/images/emission-radio-vive-la-sociale/2025/25-04-03-vls-stop-micro-congo-canada-2.mp3

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Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie) : sabotage du chantier du TGV Lyon-Turin

[pompé sur sansnom]

Parce que c’est beau

La montagne n’a ni bouche ni bras pour se défendre.

En ce début de printemps 2025 à Saint Jean de Maurienne, des dégradations lourdes ont été occasionnées sur un convoyeur transportant les entrailles sacagées de la montagne, ainsi que des engins de chantier, pour les mettre hors d’état de nuire. Ces dégradations étaient accompagnées des messages « TELT casse toi »* et « Projet Inutile ».

Nous sommes opposé.e.s à la nouvelle ligne TGV Lyon Turin et revendiquons ces dégradations dont le but est clair : ralentir les chantiers, décourager les maitres d’oeuvre et encourager les oppositions.


Nous sommes opposé.e.s à la nouvelle ligne TGV Lyon Turin et revendiquons ces dégradations dont le but est clair : ralentir les chantiers, décourager les maitres d’oeuvre et encourager les oppositions.

En aucun cas nous ne souhaitons porter atteinte aux personnes qui travaillent sur le chantier.
Abandonner un projet parce qu’il est ruineux, caduque et dévastateur, c’est possible. Bottons TELT hors de la Maurienne et rendons impossible la construction des tunnels !

* Ndlr : Tunnel Euralpin Lyon Turin (TELT) est le nom de la société franco-italienne créée en 2015, chargée de la construction en cours puis de la gestion du futur TGV Lyon – Turin.

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Appel à une assemblée de lutte contre la réouverture d’une mine en Ariège

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Alzen 18 avril – Soirée de soutien à la lutte contre un projet minier en Ariège

[pompé sur ariege.demosphere]

Lieu : Salle des fêtes Alzen

Aujourd’hui en Ariège, rien qu’entre l’ancienne mine de Salau et « la laverie » d’Eylie, 900 000 m³ de résidus miniers s’infusent dans les sols et les eaux. On y trouve de l’arsenic, du plomb, de l’antimoine, de l’amiante et tout un tas d’autres substances toxiques. Des déchets, que des industriels nous ont gracieusement laissés pour les prochaines centaines d’années à venir… Et ces chiffres, tirés de plusieurs études d’impacts, ne prennent pas en compte la totalité des résidus miniers restés dans la vallée du Biros.

Mais ce n’est pas tout ! En juin 2024, la société Néométal a déposé un permis de recherches de mines qui s’étendrait sur 100 km2, en espérant que le sous-sol ariégeois fera une fois de plus tourner la planche à billets. Sous les montagnes se trouverait un gisement de tungstène, et il y aurait même de l’or ! Autrement dit, il y aurait de quoi mettre du beurre dans les épinards de certain.e.s tout en empoisonnant ceux des autres…

Comme pour une grande partie des minerais sortis de terre, la Commission européenne considère le tungstène, un métal très résistant, indispensable pour le développement économique, industriel et militaire des États. Un développement qui nous mène droit dans le mur, au profit du capitalisme qui ravage toujours plus le monde.

Bien qu’elle ne se soit jamais arrêtée en dehors de l’Occident, la guerre est actuellement dans la bouche de tous les dirigeants. Dans une sinistre course à la croissance, l’État français est aujourd’hui le 2e exportateur mondial d’armes. Mais Macron souhaite nous pousser vers une économie qui viserait à en produire encore plus, pour désormais défendre l’Europe…

Quelle idée de génie !

Il nous faut donc continuer à empoisonner les territoires et les populations pour pouvoir construire des armes qui serviront à anéantir la chair à canon d’un autre État. De son côté « l’ennemi », construit de toutes pièces, en fera tout autant. La bourgeoisie continuera de s’enrichir sur notre dos et nous enverra au front… Puis quand les ordures qui nous dirigent se décideront enfin à faire la paix, la population qui aura survécu devra tout reconstruire… La boucle sera alors bouclée, et nous pourrions repartir pour un tour de manège dans une paix sociale basée sur l’exploitation et la domination par ceux qui produisent les guerres.

Heureusement, ce scénario abominable peut encore changer !

Où que nous soyons sur la planète, chaque grain de sable dans les rouages de la guerre, et le monde qui la produit, compte.

Si Néometal espère extraire du tungstène en Ariège, s’y opposer avec les moyens que l’on estime nécessaires, semble être la seule issue possible pour mettre un frein à leurs projets de mort.

Contre la guerre, contre leur paix !

Attaquons-nous aux projets miniers, où qu’ils soient !

Tract en pdf

 

 

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Manifestation contre les projets Miniers autour du pays de Saint Yrieix

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Contre la guerre et l’extractivisme 12/13 AVRIL

[reçu par mail]

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Série d’incendies à Niort : 15 voitures de bourgeois mises hors service

[pompé sur nantes indymédia]

Mais que va devenir le prolétaire sans sa Tesla ?

Du 14 septembre 2024 au 18 mars 2025, afin de bousculer le quotidien de petits bourgeois, ou du moins, d’individus se comportant comme tels, 15 de leurs voitures ont été incendiées dans la région de Niort.

Aucun de ces véhicules n’a pris de feu de manière accidentelle comme l’ont pourtant écrit les « journaux » La Nouvelle République et Ouest-France dans leurs articles.

C’est visiblement beaucoup plus confortable pour des « journalistes » de relayer les mensonges venant de l’institution policière, plutôt que de se poser des questions sur une curieuse série d’incendies touchant exclusivement des véhicules de luxe…

2 Tesla – 18 mars 2025 – Rue de Gabiel, Chauray
Tesla Model 3 – 10 mars 2025 – Route d’Aiffres, Niort
Porsche Cayenne – 21 février 2025 – Rue Brin-sur-Seille, Niort
Tesla Model Y – 30 décembre 2024 – Place Georges Renon, Niort
Tesla Model S – 28 novembre 2024 – Avenue Léo Lagrange, Niort
Tesla Model 3 – 24 novembre 2024 – Rue de l’Industrie, Niort
Tesla Model 3 – 18 novembre 2024 – Boulevard Charles Baudelaire, Niort
Porsche Macan – 12 novembre 2024 – Rue Pierre Poisson, Niort
Tesla Model 3 – 28 octobre 2024 – Rue de Gabiel, Chauray
Aston Martin – 22 octobre 2024 – Avenue de Limoges, Niort
Tesla Model Y – 21 octobre 2024 – Rue de l’Industrie, Niort
Tesla Model 3 – 15 octobre 2024 – Avenue de Limoges, Niort
Tesla Model 3 – 7 octobre 2024 – Avenue Saint-Jean d’Angély, Niort
Tesla – 15 septembre 2024 – Route d’Aiffres, Niort

– Parce que la lutte contre la bourgeoisie n’a aucune limite.
– Parce que l’Action directe est plus que nécessaire dans ce monde.
– Parce que les gestes seront toujours plus efficaces que les paroles.

Astuce :
Il peut parfois être plus prudent de cramer 12 Tesla en 12 nuits plutôt qu’en une seule.

Soutien à tous les camarades qui se battent contre les parasites de cette société : l’État, les capitalistes, leurs chiens de gardes…et ceux qui les soutiennent.

La lutte continue.

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Des voitures qui sont aussi des caméras : Un bref aperçu des fonctions de surveillance des Tesla, et des conseils pour l’attaque

[pompé sur no trace project]

La plupart des gens s’attendent à être filmé·e·s lorsqu’iels se promènent dans les rues du centre-ville, qui sont souvent truffées de caméras de surveillance classiques, telles que les caméras dômes, les caméras cylindriques ou les nouvelles caméras PTZ (Point, Tilt, Zoom) télécommandées. Auparavant on s’attendait moins à ce type de caméras dans les quartiers résidentiels, où l’on trouve désormais de plus en plus de systèmes de surveillance domestique comme les sonnettes connectées Ring d’Amazon ou les caméras Nest de Google. Les services de police ont profité de la popularité croissante de ces dispositifs pour conclure des accords avec les entreprises qui les gèrent afin de les intégrer directement dans les réseaux de surveillance existants et d’accéder aux données à l’insu ou sans l’autorisation du propriétaire de la caméra. Certaines sonnettes connectées permettent également une surveillance audio : les sonnettes Ring d’Amazon, facilement reconnaissables à leur cercle lumineux menaçant, peuvent apparemment capter le son d’une conversation à une distance maximale de 7 ou 8 mètres. Ring s’est associé à plus d’un millier de services de police à travers les États-Unis. Certains services de police ont même mis en place des programmes expérimentaux leur permettant de visionner en direct et en continu les images des sonnettes connectées des habitants.

Si le développement rapide des systèmes de surveillance domestique, comme les sonnettes connectées, a été largement constaté et attaqué par des anarchistes, le développement tout aussi rapide des systèmes de surveillance embarqués à bord de véhicules a été moins abordé.

Depuis longtemps, les voitures sont au centre de nombreuses arrestations marquantes d’anarchistes. La plupart des grandes villes ont investi dans des lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation (LAPI) en bord de route, et de nombreux véhicules de police sont équipés de LAPI sur leur tableau de bord, qui lisent, enregistrent et recherchent chaque plaque d’immatriculation dans diverses bases de données. Le No Trace Project a minutieusement documenté les nombreux types de balises et de dispositifs d’écoute que les polices du monde entier ont installés dans des véhicules d’anarchistes. Même sans être surveillées de cette manière, presque toutes les voitures modernes sont équipées de systèmes qui enregistrent les déplacements (et bien d’autres choses encore) et qui peuvent être facilement consultés par les forces de l’ordre. Aux États-Unis, la plupart des constructeurs automobiles fournissent régulièrement des informations sur les véhicules aux forces de l’ordre sans citation à comparaître ni mandat. La grande majorité des voitures vendues aux États-Unis ces dernières années sont équipées de modules télématiques qui transmettent des informations, y compris des informations de localisation, directement aux serveurs du fabricant pour un stockage à distance. D’autres informations peuvent être extraites en accédant physiquement au véhicule cible : un outil vendu par la société américaine Berla peut récupérer l’historique complet de la localisation d’un véhicule, ainsi que les listes de contacts, l’historique des appels, les SMS, etc. de tout téléphone connecté au système d’infotainment (« infodivertissement ») de la voiture.

Les voitures, en particulier les véhicules récents dotés de systèmes informatiques intégrés, savent tout sur leurs utilisateur·ice·s et, par conséquent, sur les personnes qui les entourent. Tesla va encore plus loin en transformant les voitures en systèmes mobiles de vidéo-surveillance haute définition.

Chaque véhicule Tesla est équipé de caméras qui assurent une surveillance vidéo à 360 degrés autour du véhicule quand celui-ci se déplace. Il y a neuf caméras au total : huit orientées vers l’extérieur (trois orientées vers l’avant, deux sur les ailes, une caméra de recul et deux caméras latérales entre les vitres avant et arrière) et une orientée vers l’intérieur de l’habitacle. Les images enregistrées par ces caméras sont stockées localement sur une clé USB ou un autre dispositif de stockage connecté au système informatique central du véhicule, mais elles sont également envoyées aux serveurs de Tesla. Ainsi, Tesla propose une sauvegarde de (minimum) 72 heures de toutes les images enregistrées en cas de vol de la clé USB installée par le conducteur. Certains pays ont interdit aux Tesla de rouler à proximité de zones gouvernementales sensibles, comme la Chine et l’Allemagne, qui a interdit aux Tesla de rouler sur certains sites de la police berlinoise.

Les neuf caméras des Tesla enregistrent activement lorsque la voiture est en mouvement. Cependant, même lorsque la voiture est stationnée et éteinte, les caméras continuent souvent d’enregistrer. Tesla propose une fonction appelée « mode sentinelle » qui transforme la voiture stationnée en un système de surveillance capable de filmer dans toutes les directions. Ce mode doit être activé manuellement par le ou la propriétaire. Il utilise quatre des neuf caméras (une de chaque côté du véhicule), et le flux vidéo est accessible en temps réel via une application pour smartphone. Les caméras sont activées et une notification d’« alerte » est envoyée à l’application chaque fois que quelqu’un touche le véhicule ou que celui-ci bouge, mais elles s’activent aussi quand quelqu’un marche près du véhicule ou qu’un autre mouvement est détecté à proximité. Les vidéos sont envoyées sur les serveurs centralisés de Tesla en guise de sauvegarde. Même si les caméras ne se sont pas activées ou n’ont pas déclenché d’« événement sentinelle », il est toujours possible de récupérer les images de tout ce qui s’est passé à portée de caméra dans un délai d’une heure (minimum) avant qu’elles ne soient effacées. Toutefois, les propriétaires de Tesla peuvent utiliser un programme accessible au public pour modifier leur système informatique et stocker tous les enregistrements indéfiniment.

  
Une Tesla endommagée lors d’une manif à Portland dans l’Oregon, aux États-Unis, en juin 2022.

Les caméras utilisées dans les Tesla sont fabriquées par Samsung, acteur majeur dans les secteurs de la technologie et de l’armement. Jusqu’à présent, la plupart ont une résolution de 1,2 mégapixel, mais à partir de 2023, certaines voitures seront équipées de caméras de 5 mégapixels qui sont nettement plus détaillées et plus précises en terme de couleurs. Les caméras frontales ont une portée de 250 mètres. Il est possible de mettre à jour les anciens modèles de Tesla en les équipant de matériel plus récent et de caméras plus performantes.

Il est déjà possible de récupérer les enregistrements vidéo des Tesla et de les soumettre à des programmes d’intelligence artificielle (IA) qui traitent automatiquement les visages et les plaques d’immatriculation. En 2019, lors d’une convention hacker, un intervenant a montré comment il pouvait utiliser sa Tesla, un mini-ordinateur relativement bon marché et des programmes accessibles au public pour créer un système permettant de repérer et de stocker tous les visages et plaques d’immatriculation à la ronde. Combiner des caméras de surveillance de haute qualité qui capturent des images à des programmes d’intelligence artificielle qui analysent automatiquement ces images n’est pas une chose du futur, c’est déjà là. Le système de sécurité domestique de Google, Google Nest, est équipé d’une fonction qui permet de repérer automatiquement les « visages familiers », et de nombreux autres systèmes de sécurité grand public sont dotés de fonctions similaires. Bientôt, l’agent de sécurité qui surveille des dizaines d’écrans de télévision depuis une pièce sans fenêtre pourrait être complété, voire remplacé, par des systèmes de sécurité dotés d’intelligence artificielle qui apprennent à repérer automatiquement certains visages et comportements « suspects » et à alerter la sécurité. Le développement récent des réseaux 5G permet la connectivité sans fil et la vitesse de transfert de données nécessaires pour transmettre des vidéos en direct suffisamment détaillées des caméras de surveillance aux systèmes d’IA dans les data centers et les fusion centers[1] des forces de l’ordre.

Tout comme les sonnettes connectées sont devenues un atout majeur pour la police, les caméras des Tesla se sont déjà révélées être une source importante et de plus en plus recherchée d’éléments de preuve lors des enquêtes. Des images des Tesla, y compris de voitures Tesla stationnées en « mode sentinelle » (qui n’a été introduit par l’entreprise qu’en 2019), sont déjà apparues dans un certain nombre d’affaires aux États-Unis et ailleurs :

  • 2019 à Berkeley, en Californie : La vidéo d’une Tesla permet à la police d’identifier et d’arrêter une personne qui s’était introduite par effraction dans une voiture. Elle portait un bracelet électronique GPS au moment de l’effraction.
  • 2019 à San Fransisco, en Californie : Une Tesla est cambriolée et ses caméras capturent le visage et la plaque d’immatriculation du suspect, ce qui entraîne son arrestation.
  • 2020 à Springfield, dans le Massachusetts : L’enquête du FBI sur l’incendie raciste d’une église et sur d’autres crimes s’appuie sur les enregistrements d’une Tesla stationnée, qui montrent clairement le visage du suspect alors qu’il vole l’une des roues de la voiture.
  • 2020 à Stamford, dans le Connecticut : Deux personnes ont été arrêtées pour vol à main armée après que la police a récupéré des images d’une Tesla stationnée qui montrent la plaque d’immatriculation de la voiture qu’elles ont utilisée pour s’enfuir.
  • 2021 à Berlin, en Allemagne : Un engin explosif est placé et activé près d’un chantier de construction. La police berlinoise a utilisé la vidéo d’une Tesla garée à proximité pour identifier et arrêter un suspect qualifié d’« extrémiste de gauche ».
  • 2021 à Memphis, dans le Tennessee : Une Tesla stationnée enregistre des personnes en train de voler la roue d’une voiture voisine, et la vidéo est rendue publique par la police pour tenter d’identifier les suspects.
  • 2021 au Royaume-Uni : La police utilise la vidéo d’une Tesla pour retrouver et arrêter une personne ayant volontairement rayé sa carrosserie. La vidéo montre le visage et la plaque d’immatriculation du suspect.
  • 2021 à Riverside, en Californie : Une Tesla qui roulait sur l’autoroute a vu sa vitre brisée par un pistolet à billes. La police a utilisé les images de ses caméras pour identifier la voiture du suspect et procéder à une arrestation.
  • 2023 à San Jose, en Californie : Des transformateurs de PG&E[2] ont explosé lors de deux attaques distinctes, privant des milliers de personnes d’électricité. Une enquête menée par plusieurs agences aboutit à une arrestation, l’un des principaux éléments de preuve étant la vidéo d’une Tesla stationnée qui montre le suspect à proximité de la scène. Des données téléphoniques (sans doute obtenues grâce à un mandat geo-fence[3]) sont également utilisées pour identifier et arrêter un suspect.
  • 2023 à Bend, en Oregon : Dans le cadre d’une enquête sur un meurtre, la police lance un appel public aux propriétaires de Tesla pour qu’iels vérifient leurs vidéos de la journée et qu’iels recherchent une voiture en particulier.

Dans ces affaires et dans d’autres, les forces de l’ordre ont clairement souligné l’importance des vidéos des Tesla au cours de l’enquête :

Si les gens n’avaient pas accepté de partager leurs vidéos de surveillance avec nous, nous n’aurions probablement pas pu progresser dans cette affaire, donc c’était essentiel.

Chef adjoint de la police de San Jose, en Californie

C’est celle-là qui l’a coincé et c’est pour ça qu’il a été arrêté.

Officier de police montrant une caméra d’une Tesla

C’est rare, mais on voie de plus en plus de ces caméras de surveillance [de Tesla] un peu partout maintenant et on est heureux de voir ça parce que c’est un outil de lutte contre la criminalité vraiment efficace.

Porte-parole de la police de San Francisco, en Californie

La technologie actuelle permet aux constructeurs automobiles comme Tesla de produire des enregistrements, qui ont bien sûr une énorme utilité pour la police lorsqu’il s’agit de faire la lumière sur des crimes ou des accidents de la route. Il serait négligent de ne pas profiter de cette opportunité.

Président du Gewerkschaft der Polizei, un syndicat de la police allemande

Plus il y a de voitures Tesla sur les routes, plus le réseau de surveillance de l’État s’étend ; la prétendue ligne de démarcation entre « citoyen » et « flic » s’efface. La technologie de surveillance mise au point par Tesla est reprise par d’autres constructeurs automobiles et fabricants de pièces détachées. Une nouvelle fonction de BMW permet aux utilisateurs de générer un rendu 3D en direct des abords de leur voiture grâce à une application pour smartphone. D’autres entreprises ne sont pas en reste et annoncent des fonctions similaires au « mode sentinelle » de Tesla.

Station de recharge de véhicules électriques dont les câbles ont été sectionnés.

Que devraient retenir les anarchistes de tout ça ? Comment continuer à attaquer cet enfer panoptique sans se faire attraper ?

Lorsqu’on se préoccupe du risque de vidéo-surveillance, il faut désormais penser à vérifier la présence de véhicules Tesla en plus des sonnettes connectées et des systèmes de sécurité plus classiques. Il peut être possible d’éviter d’activer les caméras des Tesla stationnées en marchant de l’autre côté de la rue. Contrairement à tous les autres types de caméras de surveillance, les voitures stationnées ne se trouvent pas toujours au même endroit : une rue dépourvue de toute caméra visible un soir peut accueillir une Tesla le lendemain. Les caméras sur les voitures représentent donc un défi particulier lorsqu’il s’agit de planifier des itinéraires pour éviter la surveillance. Pour l’instant, aucun autre grand constructeur automobile ne semble intégrer des caméras de surveillance de manière systématique. La forme unique des Tesla permet donc de les identifier à distance et de les éviter (ou de les cibler !) plus facilement.

Malheureusement, il est souvent impossible d’éviter complètement le regard des caméras. Voici quelques techniques générales pour éviter d’être identifié par les caméras de surveillance : se couvrir entièrement de vêtements amples. Si les circonstances ne permettent pas de se couvrir les yeux avec des lunettes de soleil ou autres, il faut s’assurer que tout ce qui entoure les yeux reste caché. Les sourcils ont notamment tendance à apparaître au niveau du trou pour les yeux des masques, et peuvent être très révélateurs. Les vêtements utilisés, y compris les chaussures, ne doivent être portés qu’une seule fois et doivent être acquis d’une manière qui ne puisse pas remonter jusqu’à vous (attention aux caméras du magasin, à l’historique des transactions, etc.) Idéalement, les vêtements ne doivent pas comporter de logos ou de motifs uniques. Les vêtements doivent être jetés ou détruits immédiatement après, là encore par des méthodes non traçables et dans un lieu sans lien avec vous. L’analyse de la démarche, technique de criminalistique permettant d’identifier les caractéristiques uniques d’une manière de se mouvoir, pourrait être de plus en plus facilitée par l’intelligence artificielle ; envisagez de modifier votre façon de marcher lorsque vous êtes filmé·e. Des enregistrements vidéo montrant que des individus étaient gauchers ont également été utilisés par des enquêteurs pour identifier des suspects.

Il est préférable de s’éloigner le plus possible des caméras et d’éviter de se tourner directement vers elles. Le simple fait de détourner la tête du véhicule lorsque vous passez à côté peut aider à dissimuler votre visage. Même si vous portez un masque, les images en haute définition peuvent révéler des caractéristiques distinctives. Contrairement à la plupart des caméras de surveillance classiques, les caméras des Tesla sont placées sous la hauteur de la tête plutôt qu’au-dessus de la tête. Les parapluies, bords de chapeaux et capuches qui pourraient vous dissimuler efficacement face à une caméra installée en hauteur peuvent s’avérer inefficaces face aux angles bas d’une caméra de voiture.

Dans la plupart des arrestations impliquant des enregistrements de voitures Tesla, la personne a été identifiée à cause de sa voiture, et souvent à cause de la plaque d’immatriculation. L’existence de LAPI, d’autres caméras et de bases de données centralisées rend très difficile, et souvent impossible, de se déplacer en voiture sans laisser de traces. En revanche, les vélos n’ont pas de plaque d’immatriculation, sont beaucoup plus faciles à inspecter pour y chercher d’éventuels mouchards, sont faciles à voler ou à acheter pour pas cher puis à abandonner, et se sont révélés beaucoup plus difficiles à pister dans le cadre d’enquêtes policières.

Lors d’attaques contre des voitures Tesla ou des choses se trouvant à proximité, soyez conscient que vous êtes filmé et préparez-vous en conséquence. Avec un peu d’entraînement, les lance-pierres (ou autres projectiles) peuvent être utilisés efficacement à distance. Un poinçon planté dans le flanc d’un pneu peut facilement le dégonfler, et est plus silencieux qu’un couteau, mais les dommages sont plus faciles à réparer. Ce n’est pas très difficile de repérer les caméras des Tesla une fois que l’on s’est familiarisé avec leurs emplacements, et c’est facile de les recouvrir avec une bombe de peinture.

Certaines des techniques généralement conseillées pour les attaques incendiaires contre les voitures sont obsolètes ou inadaptées dans le cas des véhicules électriques. Les conseils sur l’emplacement d’un dispositif incendiaire supposent souvent l’existence d’un réservoir d’essence et d’un moteur à carburant inflammable. Dans le cas des véhicules électriques, et des Tesla en particulier, les principales parties inflammables de la voiture sont les pneus et la batterie lithium-ion, qui occupe le gros de la partie inférieure de la voiture, dans le châssis. Les pneus s’enflamment plus facilement, et certains allume-feu chimiques ou fusées éclairantes chauffant directement le pneu peuvent suffire. Pour cibler les batteries, le dessous de la voiture doit être suffisamment chauffé pour créer un effet d’emballement thermique dans les cellules de la batterie, ce qui peut être très difficile à éteindre et garantit presque la destruction totale de la voiture. De l’essence ou un accélérateur similaire concentré en un point sous la voiture est le moyen le plus efficace de générer rapidement suffisamment de chaleur pour enflammer la batterie. Il est déconseillé de briser les vitres de la voiture pour placer un engin incendiaire à l’intérieur, car cela augmente le risque d’être repéré (briser une vitre est bruyant !) et de laisser des traces d’ADN.

Extrait d’un communiqué de revendication d’un incendie à Francfort, en Allemagne, en 2023 : « Nous avons incendié quelques nouvelles Tesla à Francfort ce soir. En hommage aux manifestations de Munich. Une attaque parmi d’autres contre l’industrie automobile destructrice… Tesla est l’un de nos principaux ennemis. L’entreprise représente comme aucune autre l’idéologie du capitalisme vert et la destruction globale et coloniale en cours ».

La « révolution de la voiture électrique » continue de piller la terre par l’extraction des ressources, les voitures continuent de tuer et de mutiler massivement les animaux humains et non-humains, et les systèmes de surveillance et de contrôle continuent de se perfectionner et de s’étendre. Tesla, ainsi que d’autres fabricants de véhicules électriques, peut et doit être attaqué par les anarchistes. L’attaque peut avoir lieu à plusieurs niveaux : le réseau de stations de recharge est vulnérable au sabotage, les parcs de véhicules et les bâtiments peuvent être attaqués, et les voitures elles-mêmes peuvent facilement être endommagées ou détruites.

Six câbles à haute tension alimentant le site d’une « gigafactory » de Tesla ont été incendiés près de Berlin, en Allemagne, en mai 2021. Extrait traduit du communiqué : « Notre feu s’oppose au mensonge de la voiture écologique ».

Fuck Tesla. Fuck toutes les voitures et toutes les caméras. Mort à l’État. Rien que de l’amour pour tou·te·s les fauteuses de troubles anarchistes, les vandales et les créatures de la nuit. Frappez sagement et ne vous faites pas prendre !

Autres lectures et ressources pour les audacieuses :

Certains de ces liens contiennent des guides détaillés concernant des actions destructrices. Il est préférable de les consulter à l’aide de Tails ou de Whonix. Un guide d’installation et un lien pour télécharger Tails sont disponibles ici.

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Berlin (Allemagne) : flambée nocturne de Teslas

[pompé sur sans nom]

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Allemagne. Des Tesla incendiées dans plusieurs quartiers de Berlin
Le Dauphiné, 14 mars 2025

Une action anti-Musk ? Anti-Trump ? Anti AfD ? Quatre voitures du constructeur américain Tesla ont pris feu à Berlin dans la nuit de jeudi à vendredi, a indiqué la police qui n’exclut pas un « motif politique » dans un contexte de polémiques entourant le patron de la marque Elon Musk, proche de Donald Trump et soutien de l’AfD en Allemagne.

« Des inconnus ont mis le feu à quatre voitures électriques de la marque Tesla la nuit dernière à Plänterwald et Steglitz. Aucune personne n’a été blessée et les pompiers ont éteint les incendies », a annoncé la police de la capitale allemande dans un communiqué. Les sinistres se sont produits au milieu de la nuit et à une demi-heure d’intervalle dans deux quartiers éloignés l’un de l’autre. Deux témoins ont signalé des véhicules électriques de la marque en flamme, suivis peu de temps après par deux autres signalements.

Les quatre véhicules ont été détruits ou rendus inutilisables, cinq autres véhicules situés à proximité ont été endommagés.

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La police criminelle chargée de l’enquête

« Un motif politique ne pouvant être exclu, le service de protection de l’État de la police du Landeskriminalamt Berlin (NDLR  : la police criminelle) a pris en charge la suite de l’enquête qui se poursuit encore », poursuit le communiqué.

Le milliardaire Elon Musk, patron et propriétaire de Tesla, est critiqué en Allemagne, notamment pour son soutien au parti d’extrême droite AfD pendant la récente campagne des législatives. Ce parti a obtenu un score record, arrivant en deuxième place avec plus de 20% des voix.

Des incendies de Tesla avaient été signalés à Berlin au lendemain du réveillon du Nouvel An et début février à Dresde, sur quatre voitures au total. Début mars, la vitrine d’un magasin de la marque avait été aspergée de peinture dans le centre de Berlin.

En France aussi, une concession Tesla était partie en fumée près de Toulouse début mars et l’incendie avait été revendiqué par un collectif anarchiste au nom de « l’antifascisme combatif ».

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Sur le plan économique, Tesla a continué à perdre du terrain en février sur le marché automobile allemand alors que les immatriculations de véhicules électriques ont globalement progressé. Il reste difficile d’évaluer à quel point le milliardaire et son soutien à l’extrême-droite européenne effraient de potentiels clients.

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Affiches contre l’extactivisme trouvées dans la rue

[pompé sur Paris-lutte.info]

On a trouvé ces affiches collées dans la rue. On s’est dit que ça valait le coup qu’elles se retrouvent en ligne, histoire d’inspirer d’autres collages révoltés. L’extractivisme est au cœur de la domination de l’État et du capital, ça donne plein de bonnes raisons de s’y attaquer !
Tu peux coller ces affiches dans la rue, sur des murs, des vitres, des abribus, sur ton lieu de travail, dans le métro, dans les toilettes de ton lieu collectif préféré… bref là où te mène ton imagination.
Fais-toi plaiz !

Photo d'une tesla en feu, la nuit. Texte : Les batteries de lithium tu les consommes ou tu les consumes. Crame une Tesla et les bornes électriques qui les rechargent. Et les usines qui les produisent, et les mines qui les alimentent.
Photo d'une personne du Seigneur des Anneaux. Texte : ce n'est pas une mine, c'est un tombeau. L'État et l'industrie prétendent sauver la planète avec la transition énergétique. Iels ne font que maintenir en place leur système de destruction et d'exploitation. Iels ont besoin de mines pour extraire le lithium et les autres métaux nécessaires aux nouvelles technologies "vertes". Mais l'extractivisme est la base de l'écocide en cours. Les mines sont de simples fosses empoisonnées qui avalent la terre et les vies humaines pour bâtir un monde de contrôle connecté et de guerre permanente. Comme Boromir du peux rassembler quelques compagnon.nes et cheminer vers la destruction du monde industriel et étatique. Mort au grand œil qui voit tout, vive la liberté !
Extraire du lithium à Échassières c'est juste repeindre le désastre en vert ! La transition énergétique n'est que le prolongement de la catastrophe industrielle. Elle ne nous promet qu'un monde de pollutions éternelles, de smart-cities policières et de guerres meurtrières pour les ressources. Combattons sa mise en place ! Combattons le projet d'Imerys de mine de lithium dans l'Allier ! Occupations, propagande, perturbations, sabotages, informations, discussions, blocages, émeutes... Toi aussi participe à l'offensive !
Extraire du lithium à Échassières c'est juste repeindre le désastre en vert ! La transition énergétique n'est que le prolongement de la catastrophe industrielle. Elle ne nous promet qu'un monde de pollutions éternelles, de smart-cities policières et de guerres meurtrières pour les ressources. Combattons sa mise en place ! Combattons le projet d'Imerys de mine de lithium dans l'Allier ! Occupations, propagande, perturbations, sabotages, informations, discussions, blocages, émeutes... Toi aussi participe à l'offensive !

D’autres affiches au format pdf :

 

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Logiques coloniales de l’extraction de terres rares et de lithium – Semaine Anticoloniale et Antiraciste

[pompé sur Paris-lutte.info]
Dans le cadre de la Semaine Anticoloniale et Antiraciste (du 21 au 30 mars 2025 ), nous vous proposons de rencontrer Azul Blaseotto (autrice de Vidas de Litio, Argentine) et Marc Fafard (Sept-Îles Sans Uranium, Canada) le 25.03 à 20h au CICP ( 21 ter rue Voltaire, 75011 ). Les intervenant.es nous feront part des problématiques environnementales et sociales de ces industries minières dans leurs territoires, et des différentes stratégies pour lutter contre ces systèmes.

Avec l’explosion du besoin en lithium pour la production de batteries électriques en Europe, la « transition énergétique » vers l’électrique cache trop souvent des dommages sociaux et environnementaux, sans remettre en cause les problématiques systémiques telles le mythe de la voiture personnelle, le désinvestissement des transports publics et les aides nombreuses aux industries polluantes que sont celle aérienne et automobile. Loin du mythe d’une énergie propre, l’extraction et l’exploitation de terres rares et du lithium en Abya Yala , démontre au contraire la réalité et la brutalité de l’extractivisme minier dont ces systèmes et cette transition dépendent. De la dépossession d’une population locale de ses ressources, aux logiques colonialistes de ces industries minières, voilà de quoi est faite la transition énérgétique.

Cette rencontre s’organise dans le cadre du colloque international « Semi-conducteurs : l’impossible relocalisation » organisé par Stop Micro 38 et Les Soulèvements de la Terre à Grenoble le 28-29-30 mars 2025 [ Programme : https://stopmicro38.noblogs.org/post/2025/02/20/28-29-mars-semi-conducteurs-limpossible-relocalisation-colloque-international/ ]

Azul Blaseotto nous parlera de son livre Vidas de Litio [ https://azulblaseotto.com/project/vidas-de-litio/ ] et d’extraction de lithium dans le « triangle de lithium » entre la Bolivie, l’Argentine et le Chili. Elle nous parlera en particulier des luttes dans la province de Jujuy, où ces extractions affectent le mode de vie traditionnel des populations indigènes qui y habitent, et de leur lutte engagée. Elle évoquera les conséquences de tels gisements pour un pays comme l’Argentine.

Marc Fafard fait parti du collectif Sept-Îles sans URANIUM, qui se bat contre un projet de construction d’une usine de transformation de terres rares que l’entreprise Métaux Torngat envisage à côté de la ville des Sept-Îles au Québec. Il présentera les dégâts environnementaux et sociaux de ce projet que la population locale a pu analyser en détails, et expliquera les modalités et les moyens de leur lutte.

Rejoignez-nous nombreux.ses et partagez cet événement !

Rendez-vous mardi 25 mars à 20h au Centre international de culture populaire au 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris.

Programme :

  • 20h15 : Intervention de Marc Fafard et Azul Blaseotto.
  • 21h15 : Débat.
  • 21h40 : Temps d’échange.
  • Fin 22h.

Organisé par Stop Mine Paris en soutien à Stop mine 03, L’Association Ritimo, avec le soutien de La Quadrature du Net.

Contacts :
Stop Mine Paris en soutien à Stop mine 03 : mail : soutienstopmines@protonmail.com
ritimo https://www.ritimo.org/
La Quadrature du Net https://www.laquadrature.net/.
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Au Sénégal, les machines géantes d’un groupe minier français avalent terres et désert

[Pompé sur Goodplanetmag’]
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Vue aérienne de l’usine flottante et des installations de Eramet Grande côte (EGC), filiale du groupe minier français Eramet, exploitant une concession le sable minéralisé du désert de Lompoul, dans le nord du Sénégal, le 11 février 2025 © AFP PATRICK MEINHARDT
Lompoul (Sénégal) (AFP) – Dans un vacarme assourdissant, la « plus grosse drague minière au monde » et la gigantesque usine flottante d’un groupe minier français fendent les dunes du singulier désert de Lompoul, au Sénégal, une vision digne du film « Dune ».

Vingt-quatre heures sur 24, les deux machines géantes aspirent le précieux sable minéralisé des dunes de ce désert. Auparavant, elles ont avalé celui contenu dans des terres agricoles fertiles avoisinantes, qui produisent la majorité des légumes frais consommés au Sénégal.

La drague mobile se déplace avec l’usine flottante sur un bassin d’eau artificiel long d’un demi kilomètre, aspirant 7.000 tonnes par heure de sable brut et d’eau mélangés, une eau pompée à plus de 450 mètres de profondeur.

Cette mine colossale et itinérante du groupe minier français Eramet a causé depuis 2014 le déplacement de milliers d’habitants et paysans dans cette région agricole aux écosystèmes fragiles.

Elle a aussi engouffré des kilomètres de terres le long de la côte atlantique de ce pays – l’impressionnant tracé de l’avancée de la mine étant visible depuis l’espace.

C’est l’histoire d’ »un désespoir et d’une désillusion qu’on a eu avec ce projet », lance à l’AFP Gora Gaye, 47 ans, maire de la communauté rurale de Diokoul Diawrigne, qui englobe le magnifique désert de Lompoul, l’un des plus petits au monde, un écosystème unique de dunes balayées par la brise de l’océan.

Cet atout d’écotourisme dans ce pays en partie sahélien est actuellement défiguré par la mine.

Depuis 2014, le groupe minier exploite ces dunes – utilisant la « plus grosse drague minière au monde » selon Eramet – pour en extraire les minéraux (zircon, ilménite, rutile et leucoxène), exportés à travers le monde pour le marché du bâtiment et ses dérivés, la métallurgie, la céramique.

Une équipe de l’AFP a eu un accès rare aux installations de la mine, composée de la drague, de l’usine flottante de séparation des sables minéralisés et non minéralisés, d’une autre usine séparant les différents minerais par tri magnétique et électrostatique, d’un tronçon de chemin de fer privé jusqu’au port de Dakar, de logements, bureaux, routes sillonnées de véhicules 4X4, dénotant avec le calme de cette région arpentée par les dromadaires, les vipères et les oiseaux marins.

Pendant des années, le sort des villageois déplacés et leur mobilisation dénonçant un accaparement des terres et un système de compensation « dérisoire » ont été peu écoutés, voire étouffés, à la faveur d’autorités locales et nationales complaisantes, dénoncent les détracteurs de la mine.

 Écosystème unique

Mais la controverse a récemment pris une ampleur nationale quand la mine est entrée dans la zone du désert de Lompoul (nord).

Se joignant aux paysans, des élus locaux et entrepreneurs notamment dans le tourisme ont dénoncé vivement l’impact de ces activités.

Fin janvier, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye lui-même a fait des déclarations fortes en Conseil des ministres au sujet de l’industrie extractive. « L’exploitation des ressources minières dans plusieurs localités du pays ne participe pas activement au développement territorial et ne profite pas aux populations locales », a-t-il lancé.

Lors du Conseil du 12 mars, il a donné des directives à ses ministres sur la « transparence dans la gouvernance des ressources naturelles », leur demandant de « veiller à la gestion optimale des impacts environnementaux et sociaux de l’exploitation minière et pétrolière sur le bien-être des populations ».

Se réclamant du souverainisme et élu en 2024 sur un agenda de rupture avec les pratiques du passé, le nouveau pouvoir au Sénégal est scruté sur d’éventuelles décisions concernant les activités d’EGC.

C’est en 2004 que les autorités sénégalaises en place à l’époque ont accordé au groupe minier – détenu à 27% par l’Etat français et 4ème producteur mondial de zircon – cette concession pour y exploiter ce convoité sable minéralisé.

L’Etat du Sénégal détient 10% du capital de la filiale sénégalaise d’Eramet, Grande Côte Opérations (GCO), renommée depuis Eramet Grande Côte (EGC).

« La mine, elle avance; le sort des personnes quand la mine est passée ce n’est plus le problème » d’Eramet, estime Cheikh Yves Jacquemain, hôtelier franco-sénégalais et propriétaire d’un écolodge de tentes traditionnelles dans le désert.

A 150 mètres seulement de son campement, les deux machines tournent à plein régime. Parmi les sept sites d’hébergement touristique de Lompoul, six ont accepté le dédommagement de EGC ou une relocalisation. M. Jacquemain est toujours en négociation avec EGC pour obtenir des compensations financières « justes », pour lui et ses 40 employés.

Le groupe minier est accusé de « dégrader les dunes et les sols », de « menacer les ressources hydriques », ainsi que la sécurité alimentaire et les activités économiques.

Des communautés pointent une détérioration de leurs conditions de vie. L’une des récriminations est un système d’indemnisation jugé « dérisoire », basé sur un barème national datant des années 70 et qui ne valorise pas la terre agricole par rapport à la perte irrémédiable de revenus provenant de ces zones fertiles.

 « Entreprise responsable »

EGC répond à l’AFP qu’en « entreprise responsable », le groupe indemnise les habitants « cinq fois plus » l’hectare nu que ce barème national, et qu’au total l’indemnisation moyenne est de 8 à 10 millions de FCFA l’hectare (entre 12.190 et 15.240 euros).

Le maire de Diokoul Diawrigne indique à l’AFP que lui et sa communauté ont rejeté en 2022 l’étude d’impact environnementale présentée par GCO lors d’une audience publique. Mais l’étude a malgré tout été validée au niveau ministériel à l’époque.

Reconnaissant qu’ »au début » le projet minier avait suscité « un espoir » parmi la population, il n’a apporté, selon lui, que des « promesses non tenues, une destruction de notre écosystème, des intimidations, des déplacements de villages de manière catastrophique et un recul sur le plan du développement économique dans la zone des Niayes ».

Les détracteurs de la mine s’inquiètent du bouleversement de cet écosystème d’une biodiversité rare, composé de cuvettes interdunaires, des oasis où les sols permettent une agriculture « qui a produit jusqu’à un passé récent 80% des légumes frais consommés au Sénégal ».

Au fil des années, les habitants déplacés ont été relogés dans « quatre grands nouveaux villages » équipés de commodités, « un total de 586 maisons et des infrastructures communautaires (centre de santé, école, etc…) ont été construites à ce jour » par le groupe minier et 3.142 personnes sont concernées, indique EGC.

Réunis sur la place du village des « recasés » de Foth, à 120 km au nord de Dakar, un alignement de concessions en dur sur une zone dépourvue de végétation, Omar Keïta et une vingtaine d’autres chefs de familles déplacées ont visiblement besoin d’exprimer leur colère.

« On veut retourner sur nos terres et que notre village soit reconstruit pour retrouver notre vie d’avant… Je lance un appel au président du Sénégal et même à la France! », s’exclame Omar, 32 ans, visage soucieux.

Il ose à peine montrer la chambre – « prêtée par son grand frère » – et la promiscuité où il vit « depuis six ans » avec sa femme et ses trois enfants: un lit, une commode, et un matelas pour lui par terre. Il déclare qu’on ne lui a pas attribué de maison.

Des affirmations que nie le directeur général de EGC, Frédéric Zanklan: « chaque famille est relogée selon l’état de la famille au moment du recensement », dit-il à l’AFP, ajoutant que si les familles s’agrandissent « ce n’est pas de leur fait ».

Appel au président

Omar réplique qu’avant son déplacement, il « avait (ses) champs et (sa) maison ». « On gagnait nos vies dignement mais GCO a remis ma vie à zéro, je dois tout reconstruire… ».

« Le sol était fertile dans notre village, mais ici je suis même obligé d’aller travailler dans les champs d’autres personnes », indique-t-il.

Dans la cour de sa concession, Ibrahima Ba, 60 ans, ne décolère pas non plus: « nous avons régressé dans tous les sens ».

« Je suis toujours agriculteur. La différence est que dans mon village, le sol était très fertile, l’eau était douce, on n’avait aucun problème ».

« Nous demandons au président Diomaye Faye et à son Premier ministre de venir en aide à la population de Foth et des Niayes; nous croyons qu’ils peuvent faire quelque chose parce que c’est un pays étranger qui veut détruire la vie des citoyens sénégalais », lâche-t-il.

Dans un entretien à l’AFP, M. Zanklan déclare que la société est « dans un cadre tout à fait légal » dans ses activités, qui « respectent la convention minière » signée avec le gouvernement.

« C’est un projet qui bénéficie au Sénégal », plaide-t-il. EGC affirme avoir « généré 149 millions d’euros de retombées économiques pour le Sénégal en 2023 », et avoir versé « 25 millions d’euros sous forme d’impôts, de taxes et de dividendes » sur un chiffre d’affaires de la société de 215 millions d’euros en 2023.

Il met en avant les « près de 2.000 personnes qui travaillent au niveau de la mine et des usines de séparation, dont 97% sont des Sénégalais, et 48% de ces travailleurs proviennent du bassin d’emploi local », affirme-t-il.

En 2023, l’Initiative pour la transparence dans l’industrie extractive (ITIE) a classé EGC comme 4ème contributeur minier au budget de l’Etat du Sénégal, souligne-t-il.

La société indique aussi être « la première entreprise minière à restituer les terres valorisées au Sénégal », après un processus de réhabilitation constaté par l’AFP sur une partie de la zone avec des essences d’arbres permettant une diversification des cultures.

Mais les communautés déplorent que les terres ne leur sont pas « rendues », mais remises à l’Etat sénégalais – la terre étant propriété de la Nation dans ce pays et les paysans qui l’exploitent en ayant l’usufruit.

« Un moratoire »

Dans la même région, arpentant un champ sans culture et montrant des mares brunâtres, Serigne Mar Sow déplore les « dégâts incommensurables » de la mine, selon lui.

L’eau pompée pour la drague est redéversée dans le bassin artificiel et s’infiltre vers la nappe phréatique superficielle. EGC assure ainsi que les activités maraîchères « en bénéficient ».

« On cultivait ici des légumes et des bananes et vous voyez que toutes les plantes sont mortes, c’est à cause de cette eau qui inonde nos champs car la drague de GCO se trouve à 2,5 km d’ici », se désole pour sa part M. Sow. « Le sol n’est plus fertile ».

Montrant des plants de manioc et des bananiers morts, il accuse cette eau redéversée de contenir des « produits chimiques ».

« Il y a 15 à 20 parcelles qui ont été abandonnées à cause de cette eau qui remonte. Il y a une diminution drastique de nos espaces de récolte » et des emplois afférents.

De son côté, EGC affirme que le processus d’extraction « est purement mécanique » et qu’ »aucun produit chimique n’est utilisé ».

Aujourd’hui, le maire de Diokoul Diawrigne « demande à l’Etat de faire un moratoire, d’arrêter la mine pour un moment, et qu’on évalue via des études sérieuses l’ensemble des dégâts qui ont été causés et qui vont l’être, en comparaison à ce que cela a rapporté à l’Etat et aux communautés ».

« Il ne faut pas qu’on ferme les yeux sur ce drame; quel que soit ce que le Sénégal gagne dans cette affaire, il faudra se tourner vers les communautés, voir ce qu’elles sont en train de vivre et les accompagner ».

Frédéric Zanklan estime de son côté qu’il n’y a « pas besoin de moratoire ». « S’il y a des inquiétudes, toute autorité peut venir voir par elle-même ».

Il précise que le groupe espère augmenter la capacité d’absorption de la drague à 8.500 tonnes par heure à partir de 2026.

Un moratoire, « cela voudrait dire 2.000 personnes au chômage et l’arrêt des retombées économiques pour l’Etat du Sénégal: ce serait irresponsable alors que le pays a vraiment besoin de se développer », estime-t-il.

En attendant, de jour comme de nuit, la drague continue à engouffrer les dunes de Lompoul avec fracas, loin de la quiétude passée du plus petit désert d’Afrique.

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Conférences · Réalités de l’après-mine en France métropolitaine

[pompé sur systext]

Depuis juin 2020, SystExt mène un projet d’étude qui souhaite mettre en exergue les problématiques sanitaires et environnementales associées à l’après-mine en France métropolitaine. Après cinq années de rencontres d’acteurs locaux et de populations locales, de travaux de terrain, et de recherches bibliographiques, l’association est en mesure de dresser un état des lieux de la situation à l’échelle du territoire, qu’elle publiera dans un rapport à la fin du premier semestre 2025. Afin d’en restituer les résultats, SystExt organisera trois conférences grand public – dont deux dans d’anciennes régions minières : le 17 mai à Anduze (Gard), le 24 mai à Paris et le 14 juin à Figeac (Lot).

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▪ Contexte
En France métropolitaine, près d’un millier de sites miniers ont été exploités pour des substances « métalliques » (hors uranium et charbon), en particulier le fer (Fe), l’aluminium (Al), le plomb (Pb), le zinc (Zn), le tunsgène (W), l’étain (Sn), l’or (Au). Ces sites comportent des sources de pollution (dépôts de déchets miniers, émergences minières, etc.) souvent mal connues. Elles peuvent générer des pollutions en métaux et métalloïdes, dont certains sont particulièrement toxiques pour la vie humaine ou tout autre forme de vie (plomb, arsenic et cadmium, notamment). La contamination des milieux qui en résulte peut nuire à la santé des personnes et affecter significativement leurs conditions de vie. Le nombre de victimes n’est pas connu, mais des milliers de personnes sont exposées de manière chronique aux polluants issus des anciennes activités minières.

Dans la plupart des cas, la responsabilité de ces sites miniers et de la gestion des risques sanitaires, environnementaux et sociaux associés (« l’après-mine ») relève de l’État. Cependant, il n’informe et ne prend en charge que trop rarement les populations concernées. À l’inverse, il tend à faire peser les responsabilités sur les communautés locales et les personnes affectées. Par conséquent, les familles lésées ne sont ni indemnisées, ni accompagnées dans la compréhension des enjeux.

Par ailleurs, les outils législatifs et règlementaires relatifs à l’après-mine sont lacunaires en France, en particulier en ce qui concerne les sources de pollution minières. Celles-ci se trouvent le plus souvent dans un vide juridique, ne relevant ni du code minier – qui, jusqu’à la récente réforme, ne mentionnait pas ces questions et ne reconnaissait pas les impacts associés comme des dommages « miniers  » – ni du code de l’environnement (car non rattachées à cette législation au moment de l’exploitation). Plus préoccupant encore, la responsabilité incombe quasi systématiquement aux propriétaires actuels. Dans ce contexte, l’État français n’accepte de réaliser des travaux de mise en sécurité que dans de très rares cas, et jamais chez des particuliers.

Lors de ses visites de terrain, l’association a rencontré de nombreux riverains et représentants d’institutions locales qui n’avaient pas connaissance de l’existence de sources de pollution minières sur leur territoire et qui, par conséquent, ne prenaient aucune mesure particulière pour se prémunir des risques potentiels associés. SystExt a également travaillé avec des associations de défense locales et des citoyens isolés qui se mobilisent pour : la reconnaissance des préjudices causés (problèmes de santé, dégradation de la qualité de la ressource en eau, dévaluation du foncier, perte de jouissance des biens, etc.) ; l’obtention d’une réparation ; la mise en sécurité des anciens sites miniers. Après des années de lutte, le plus souvent infructueuses, les citoyens affectés espèrent toujours recouvrer des conditions de vie saines. À ce titre, en avril 2023, SystExt et plus de 60 personnes et organisations ont publié un communiqué de presse recommandant : un changement d’approche dans l’évaluation et la gestion des risques sanitaires ; l’augmentation des moyens humains et financiers alloués aux services en charge de l’après-mine ; la modification des lois et réglementations en vigueur.

▪ Objectifs
Par ce projet d’étude, SystExt souhaite faire la lumière sur un scandale humain, sanitaire et social. L’association considère que, au nom du droit à vivre dans un environnement sain, l’État est responsable de la gestion et de la réparation des dommages liés aux pollutions minières sur la santé et sur l’environnement. À ce titre, le projet vise trois objectifs :
– Permettre aux populations affectées de s’exprimer et d’être reconnues ;
– Permettre à tout citoyen d’avoir accès aux informations afférentes aux pollutions minières ;
– Permettre aux victimes d’obtenir réparation.

Pour répondre à ces objectifs, 49 anciens sites miniers dans 13 départements métropolitains ont été visités, et plus de 300 sources documentaires traitant des pollutions minières, des risques associées et de leur gestion ont été analysés. Le rapport d’étude final sera publié à la fin du premier semestre 2025 et s’articulera autour des sujets suivants :
– synthèse technique et scientifique des connaissances sur les sources de pollutions minières et leurs impacts sanitaires, sociaux et environnementaux ;
– synthèse des outils réglementaires, méthodologiques et opérationnels afférents à l’évaluation et la gestion des risques et impacts miniers ;
– analyse des failles et manquements dans la gestion des risques sanitaires et environnementaux et des facteurs limitant la prise en charge à la hauteur de la gravité des situations ;
– recommandations aux services de l’État et propositions pour une meilleure prise en charge des personnes affectées.

Pour diffuser largement ces résultats et aider au mieux les communautés affectées, SystExt organisera trois conférences grand public – dont deux dans d’anciennes régions minières : le 17 mai à Anduze (Gard), le 24 mai à Paris et le 14 juin à Figeac (Lot).

Ces conférences ne donneront lieu ni à une captation vidéo ou audio ni à une rediffusion en direct.

 

▪ Programme de la conférence du samedi 17 mai 2025 à Anduze (30)

· 14:30-15:45 · Présentation des résultats de l’étude menée par SystExt (2020-2025)
· 15:45-16:00 · Pause
· 16:00-17:00 · Table-ronde en présence de représentants de populations affectées par les pollutions minières, avec : Pierre LEBROU, ingénieur géologue minier, chargé de projet, Association SystExt · François SIMON, membre fondateur de l’Association pour la Dépollution des Anciennes Mines de la Vieille Montagne (ADAMVM) et président jusqu’en 2023, médecin à la retraite · Jacques RENOUD, adjoint à la mairie de Couflens, co-président de l’association Stop Mine Salau
· 17:00-18:00 · Poursuite des échanges

Informations pratiques
· Salle Rohan · Espace Pélico, 2 rue Pelico, 30140 Anduze
· Ouverture des portes à 14:00
· Entrée libre

▪ Programme de la conférence du samedi 24 mai 2025 à Paris (75)

· 16:00-17:15 · Présentation des résultats de l’étude menée par SystExt (2020-2025)
· 17:15-17:30 · Pause
· 17:30-18:30 · Table-ronde en présence de représentants de populations affectées par les pollutions minières, avec : Pierre LEBROU, ingénieur géologue minier, chargé de projet, Association SystExt · Emmanuel FEYEUX, citoyen engagé, affecté par les pollutions de la mine de Ternand (69) · Membre du bureau du Collectif de défense des bassins miniers lorrains
· 18:30-19:30 · Poursuite des échanges

Informations pratiques
· Centre international de culture populaire (CICP) · 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris
· Ouverture des portes à 15:30
· Entrée libre

 

▪ Programme de la conférence du samedi 14 juin 2025 à Figeac (46)

· 16:00-17:15 · Présentation des résultats de l’étude menée par SystExt (2020-2025)
· 17:15-17:30 · Pause
· 17:30-18:30 · Table-ronde en présence de représentants de populations affectées par les pollutions minières, avec : Pierre LEBROU, ingénieur géologue minier, chargé de projet, Association SystExt · Michel VARA, co-président de l’Association de Défense de l’Environnement du Bassin et ses Alentours (ADEBA) · Jean-Louis CALMETTES, membre du bureau de l’ADEBA et auteur du livre Et au milieu coule du cadmium (2019) · Membre du Collectif de l’après-mine 46 (à confirmer)
· 18:30-19:30 · Poursuite des échanges

Informations pratiques
· Salle Roger Laval · Rue Victor Delbos, 46100 Figeac
· Ouverture des portes à 15:30
· Entrée libre

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« Musk est un fasciste notoire » : le siège de Tesla repeint en « brun nazi » à Paris

[pompé sur Reporterre]

Banderole « le fascisme passe la seconde », peinture « brun nazi »… Des activistes écologistes ont recouvert le siège social de Tesla France, le 11 février. Le but : dénoncer l’invitation d’Elon Musk au Sommet sur l’IA.
Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), reportage

La couleur « brun nazi » a été concoctée spécialement pour l’occasion. Nous sommes le 11 février à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), il est un peu plus de 8 heures du matin et, sous le regard interloqué des passants, une dizaine d’activistes d’Action Justice Climat (AJC, ex-Alternatiba Paris) tartinent la façade du siège social de Tesla France d’une peinture marronnasse. Perchés sur la terrasse du bâtiment du géant de l’automobile électrique, deux autres déploient dans le même temps une banderole. Sur celle-ci a été dessiné Elon Musk faisant un salut nazi — un geste fait lors de l’investiture de Donald Trump à la Maison Blanche, le 20 janvier —, le tout accompagné de ce message : « Le fascisme passe la seconde. »

« Nous souhaitons alerter sur la montée du fascisme », dit un des militants, avant de filer rapidement. L’action, qui s’inscrivait dans la lignée d’une opération similaire menée par des activistes allemands fin janvier, n’aura pas duré cinq minutes.

Le calendrier n’a pas été choisi au hasard : le patron de Tesla, convié par l’Élysée, devait théoriquement participer ce jour-là à la deuxième journée du Sommet international sur l’intelligence artificielle (IA), à Paris. Si le multimilliardaire n’a finalement pas fait le déplacement, une chose est sûre pour AJC, comme le dit un collage appliqué sur les baies vitrées de l’édifice : « On n’invite pas les fascistes, on les combat. »

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L’opération des membres d’AJC a duré moins de cinq minutes. © NnoMan Cadoret / Reporterre

« Fasciste notoire et revendiqué »

« Musk est aujourd’hui un fasciste notoire et revendiqué, et ce encore plus depuis la réélection de Trump. Or Tesla est la première source de sa fortune, qui lui a permis de racheter X, de financer la campagne de Trump, et a fortiori de financer la montée du fascisme », dit Léa Zaïdat, porte-parole de l’association.

Et si des mesures délétères pour le climat et les droits humains ont déjà été prises par la nouvelle administration aux États-Unis, l’organisation s’inquiète aussi de l’exportation de telles politiques en Europe : Musk, qui a été nommé chef du département étasunien de « l’efficacité gouvernementale », ne cesse de multiplier les déclarations de soutien à l’extrême droite européenne.

Depuis décembre dernier, le propriétaire de Starlink, de Neuralink et de xAI, a ainsi vanté à plusieurs reprises les mérites de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), un parti d’extrême droite ayant notamment à cœur de « remigrer » 2 millions d’exilés ou d’Allemands d’origine étrangère en dehors du pays. Un appui public qui, semble-t-il, porte ses fruits : ces dernières semaines, alors que des élections législatives fédérales auront lieu le 23 février en Allemagne, les intentions de vote pour l’AfD sont montées à plus de 20 %, plaçant le parti en seconde position dans les sondages derrière les conservateurs du CDU/CSU (30 %).

« Musk a le profil parfait du technofasciste : il concentre à lui seul les pouvoirs technologique, politique, médiatique et économique, et possède ainsi tous les moyens pour accompagner la montée de l’extrême droite. C’est extrêmement inquiétant, de même qu’il est très préoccupant qu’il soit convié en grande pompe par Emmanuel Macron au Sommet sur l’IA », ajoute Léa Zaïdat, qui rappelle que pour AJC, « il n’y a pas d’écologie sans lutte contre le fascisme ».

Alors que, selon l’AFP, les ventes de Tesla ont été divisées par deux entre janvier 2024 et janvier 2025 en France et en Allemagne, l’activiste l’assure : « Musk est un adversaire, et on ne va rien lâcher. »

« Peur qu’on dégrade mes Tesla »

Devant le siège de Tesla France, en tout cas, de nombreuses personnes s’arrêtent pour prendre en photo le collage. Comme Nicolas, 45 ans : « Je ne suis pas d’accord avec le fait de faire des dégradations, mais j’approuve le fond du message : avant, j’admirais Musk, à présent, je le déteste. La montée du fascisme fait peur. »

L’homme, venu acheter une pièce pour un de ses véhicules, dit être lui-même propriétaire de… trente Tesla (!), qu’il met en location. « Désormais, j’ai peur qu’on me les dégrade. Alors que je les ai achetées avant ses discours de merde ! » Quelques minutes plus tard, vers 9 heures, des employés sortent du bâtiment. Armés d’essuie-tout bleu, ils tentent de retirer la peinture de la façade. Problème : plus ils l’essuient, plus celle-ci s’étale.

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La mine d’info #8

minedinfo8recto minedionfo8versobulletin d’info La mine d’info numéro 8 de Novembre 2024

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Salut incendiaire à tesla

[pompré sur iaata]

tesla crame

Il y a aujourd’hui une accélération du projet fasciste, patriarcal, écocidaire et colonialiste. Alors que les élites multiplient les saluts nazis nous avons décidé de saluer à notre manière un concessionnaire tesla dans dans la nuit du 2 au 3 mars 2025 à plaisance-du-touch.
Nous avons incendié des véhicules à l’intérieur de l’enceinte à l’aide de deux bidons à essence. Nous nous sommes demandé après coup si des plaques d’allume-feu n’auraient pas été un moyen plus efficace.

Face au renforcement du mouvement néonazi à l’échelle mondiale, nous sommes l’antifascisme combatif qui ne croit pas au mythe de la démocratie.

Face à l’offensive masculiniste et transphobe actuelle, nous sommes un fragment de la lutte contre le patriarcat.

Face aux ravages industriels qui détruisent la planète, nous sommes l’écologie radicale qui ne croit pas aux solutions technologiques.

Face au colonialisme et au suprémacisme blanc, face à la misère et à l’exploitation généralisée, nous exprimons notre refus en acte.

Par cet acte nous participons à l’appel « Accueille le printemps, crame une tesla », à l’élan international qui cible tesla de l’allemagne aux états-unis en passant par les pays-bas, et plus largement à la conflictualité anarchiste.

Nous apportons notre soutien à Louna inculpée dans le cadre de la lutte contre l’A69 et à tous les prisonniers anarchistes, à celles en cavale et celleux qui se battent.

Poursuivons l’offensive contre les techno-fascistes !

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Éolien marin en normandie

[pompé sur trognon.info]

Au large de Courseulles, le projet industriel prend du retard

Le projet d’EDF d’installer 64 éoliennes industrielles au large de Courseulles-sur-mer prend du retard. En cause, des difficultés dans le forage du fond marin et la rareté des bateaux spécialisés dans ce genre d’opérations.

Le nouveau directeur de projet du parc éolien en mer du Calvados au large de Courseulles-sur-Mer (michel benoît) annonce dans un communiqué que la mise en service des 64 éoliennes est reportée à 2026. Le chantier tourne au ralenti, et sur les 64 fondations nécessaires pour ensuite installer les éoliennes de 175 mètres, seules 4 ont pour l’instant été réalisées. On peut lire dans la presse que :

« depuis le 15 janvier 2025, date où les difficultés de forage des fondations des éoliennes avaient été révélées, EDF Renouvelables n’avait pas encore communiqué. EDF confirme enfin les problèmes rencontrés et le retard du chantier qui devait s’achever à l’été 2025. Pour rappel, le navire auto-élévateur Vole au Vent en charge des forages était arrivé sur zone en mai 2024 pour réaliser des tests qui ont nécessité « de corriger des problèmes techniques, le forage de la première fondation a été achevé début décembre 2024. En conséquence, le navire de Saipem S7000 en charge de l’installation des fondations est arrivé sur site en décembre et a installé avec succès la première fondation en janvier. »

« C’est désormais à l’horizon 2026 que la mise en service du parc est évaluée. Car, pendant plusieurs mois, les navires spécialisés pour ce type de construction offshore sont déjà promis à d’autres chantiers en mer. Le navire Vole au Vent a désormais quitté la zone de travaux et les autres navires installateurs partiront également dans les semaines à venir », délivre Michel Benoit qui explique que, « les opérations de forage reprendront au cours de l’été prochain avec un nouveau navire auto-élévateur, le Bold Tern, de l’armement Fred Olsen Windcarrier. »

Un article paru en octobre 2024 sur le site trognon.info donne quelques autres informations sur le projet (et sur la nécessité de lutter contre) :
« Par exemple au large de Courseulles-sur-Mer (Calvados), où 64 éoliennes de 175 mètres de haut doivent bientôt être démarrées. A l’annonce du projet, des habitants et des pêcheurs, pour des raisons diverses, se sont mobilisé-es. Malgré tout, le chantier colossal a commencé. En décembre 2023, RTE a mis à disposition les installations de raccordement au réseau électrique. Des centaines de tonnes de câbles ont été installés sous l’eau pour acheminer l’électricité produite par les éoliennes vers la « chambre d’atterage » de Bernières-sur-Mer, qui assure la connexion avec les 24 kilomètres de câbles souterrains menant au poste électrique de Ranville. Éoliennes offshore du Calvados (un consortium regroupant EDF Renouvelables, WPD offshore et Enbridge) compte mettre en service les éoliennes en 2025. »

Raté puisque le chantier colossal d’EDF est donc en stand-by…jusqu’à l’arrivée du ou des prochains navires nécessaires à la construction du parc offshore. Des sites internets comme myshiptracking.com peuvent permettre de savoir quand l’arrivée salvatrice du mastodonte des mers aura lieu !

[pompé sur trognon.info]

Capitalisme vert : l’éolien industriel a le vent en poupe

Le vendredi 18 octobre 2024, trois ministres se sont déplacés à Fécamp en Seine-Maritime pour annoncer un nouveau projet de parc éolien en mer. L’Etat et les industriels espèrent implanter 200 nouvelles éoliennes, en plus des 71 déjà existantes dans ce parc maritime.

L’éolien industriel en plein essor

En Normandie, d’autres projets éoliens de la sorte sont déjà en cours, et rencontrent des oppositions.
Par exemple au large de Courseulles-sur-Mer (Calvados), où 64 éoliennes de 175 mètres de haut doivent bientôt être démarrées. A l’annonce du projet, des habitants et des pêcheurs, pour des raisons diverses, se sont mobilisé-es. Malgré tout, le chantier colossal a commencé. En décembre 2023, RTE a mis à disposition les installations de raccordement au réseau électrique. Des centaines de tonnes de câbles ont été installés sous l’eau pour acheminer l’électricité produite par les éoliennes vers la « chambre d’atterage » de Bernières-sur-Mer, qui assure la connexion avec les 24 kilomètres de câbles souterrains menant au poste électrique de Ranville. Éoliennes offshore du Calvados (un consortium regroupant EDF Renouvelables, WPD offshore et Enbridge) compte mettre en service les éoliennes en 2025.

A Dieppe, Le Trepport et Barfleur, des projets similaires sont à l’étude. Il y aurait aussi deux projets imaginés au large du Cotentin.

Sur terre aussi, les projets d’éolien industriel se multiplient, car le système capitaliste a besoin de toujours plus d’énergie (et donc d’électricité) pour croître indéfiniment. Sur les communes de Bellengreville et de Moult-Chicheboville, à l’est de Caen dans le Calvados, une enquête publique pour l’implantation de 10 nouvelles éoliennes de la société Vensolair est en cours, et le projet suscite des protestations. Certaines éoliennes menacent directement le marais Chicheboville-Bellengreville et des personnes vivant là craignent des nuisances (sanitaires, sonores et visuelles).

Un discours bien rôdé : la transition énergétique

Les industriels et gouvernants, protecteurs des intérêts capitalistes, ont pris acte du phénomène de dérèglement climatique provoqué par les activités humaines, notamment les activités industrielles alimentées aux énergies fossiles. A défaut de remettre en question le système industriel dans son ensemble, et les destructions massives et inévitables qu’il induit, l’accent a plutôt été mis sur le problème de la production de CO2. Cette orientation idéologique a permis l’apparition d’un discours réformiste visant à une modification progressive du système productif, une « transition » vers des énergies dites décarbonées. De la sorte, plus besoin de remettre en question le système économique dans son ensemble (car une réflexion conséquente amènerait à une remise en cause radicale du capitalisme), proposer des alternatives suffit. Ce discours fait alors passer des sources d’électricité autres que le charbon ou le pétrole pour de véritables solutions écologiques. L’éolien et le solaire (voir même le nucléaire !) sont labellisés énergies vertes par excellence. Pourtant, ces énergies nécessitent également pour fonctionner le pillage néocolonial des ressources, l’exploitation de mines, une certaine organisation sociale du travail, la circulation mondialisée de marchandises, la destruction des espaces où les projets industriels sont implantés, l’imposition de modes de vie, le massacre d’êtres vivants, etc. Par ailleurs, ces nouvelles industries énergétiques ne viennent absolument pas remplacer les anciennes, mais elles s’y additionnent. Chaque année, les records de production des industries pétrolières ou gazières sont battus, alors même que les industries énergétiques dites décarbonées sont en plein essor. Le discours sur la transition est un écran de fumée : il permet aux multinationales et aux Etats de poursuivent les rentables ravages qu’ils organisent tout en dégageant de nouveaux marchés, le tout justifié par une proposition politique qui fait croire à la prise en compte du problème écologique. Tout bénef !

Quelle lutte contre les projets éoliens ?

Le travail des lobbystes et autres politicien-nes fait son effet : l’éolien et le photovoltaïque sont souvent associés à des progrès écologiques. De nombreuses organisations « écologistes » défendent même cette théorie absurde et promeuvent l’implantation de projets industriels dévastateurs, parce qu’éoliens ou solaires. Cela a des conséquences directes dans les luttes contre les projets éoliens. La stratégie de promotion de cette « transition écologique » qui n’a d’écologique que le nom porte ses fruits, et crée de la confusion. Quand des réunions publiques ont lieu à Barfleur en 2021 à propos d’un projet d’éoliennes offshores, les porteurs du projet (à savoir l’Etat et des industriels en quête de nouveaux marchés) sont taxés d’écolos-bobos par les pêcheurs du coin. Dans d’autres régions, des collectifs de riverain-es opposé-es à des projets éoliens sont parfois rejoins ou encouragés par l’extrême-droite locale, qui axe son discours sur la défense du terroir et le rejet de l’écologisme (qui serait donc symbolisé par ces projets industriels…). Une brèche dans laquelle s’engouffrent bien volontiers les pro-nucléaires qui présentent alors « leur » énergie « décarbonnée » comme la meilleure alternative.

La porosité (réelle ou supposée) des luttes contre les projets éoliens avec des tendances anti-écologistes rend parfois frileux-ses à rejoindre ces luttes les anti-capitalistes convaincu-es. Il est pourtant décisif de s’y intéresser. D’abord parce qu’il y a un impérarif à contrer le discours dominant de la soi-disant transition écologique et à lutter contre tout projet industriel conduisant à une augmentation de la production d’énergie. Aussi parce que dans un contexte de renforcement des idées et des groupes d’extrême-droite, laisser des espaces de lutte aux fachos et laisser proliférer une écologie fascisante serait une erreur évidente. Ensuite parce que ces projets sont d’un intérêt stratégique majeur pour les grands groupes industriels comme EDF ou Total, qui veulent verdir leur image et agrandir toujours plus leur emprise sur le monde. Et pour tout un tas d’autres raisons.

Il y a un certain nombre de mobilisations et d’actions contre des projets éoliens, sur des bases anti-capitalistes : des mobilisations en forêt de Lanouée, contre le parc éolien de Saint-Brieuc, des sabotages en France, en Allemagne plus récemment, ou encore en Grèce. La répression s’abat parfois, comme en Haute-Vienne. Partout des projets éoliens émergent, et bien souvent, des réactions hostiles les accompagnent. De manière plus générale, ces luttes peuvent s’inscrire dans une critique globale. Celle d’un système capitaliste-industriel dont la stabilité repose en grande partie sur ses infrastructures énergétiques et sa capacité à produire et à distribuer de l’électricité.

Pour aller plus loin sur la question de l’éolien industriel :
- Leur écologie est un désastre, déconnectons-là !, 2021
- Plaidoyer contre les éoliennes industrielles, 2019
- Communiqué du Vent d’Autan depuis l’Amassada en exil, 2019
- Le vent nous porte sur le système… ou comment être anti-nucléaire sans devenir pro-éolien, 2009

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Tract Stop Mines Salau juin 2024

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Tract SMS 11-2024

 

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