[pompé sur stop-belenos]
Un courrier des lecteurs récent, publié dans les colonnes dédiées de Ouest France, compare les projets miniers à une exploitation de kaolin.
Cela dépasse le cadre de l’opinion : il s’agit d’une tentative de banalisation des risques majeurs liés à l’extraction de métaux lourds. Quand de telles comparaisons sont avancées par des acteurs ayant participé à des commissions préfectorales en charge des carrières, il est urgent de rétablir la vérité et de questionner l’objectivité des instances censées nous protéger.
Une tromperie géochimique inacceptable
Assimiler le kaolin – une argile inerte – à des roches sulfurées comme celles visées par les projets EPONA, BELENOS et TARANIS relève de l’imposture scientifique. Le kaolin sert à fabriquer de la porcelaine ou du papier. Les minerais sulfurés, eux, libèrent de l’arsenic et des acides dès qu’ils sont exposés à l’air et à l’eau, un phénomène connu sous le nom de drainage minier acide (DMA). Ce processus, irréversible, contamine les sols et les nappes phréatiques pour des siècles.
Exemple concret : La mine de Salsigne (Aude), fermée en 2004, a laissé derrière elle des sols et des cours d’eau durablement pollués à l’arsenic, malgré les « contrôles stricts » vantés par certains. [Source : Rapport BRGM sur Salsigne, 2020]
Question : Pourquoi des projets aussi risqués sont-ils présentés comme de simples « carrières » ?
Deux poids, deux mesures : l’eau, ressource des uns, déchet des autres
Chaque été, les agriculteurs et les habitants de la région subissent des restrictions d’eau de plus en plus sévères. Pourtant, les projets EPONA, BELENOS et TARANIS prévoient d’utiliser des millions de litres d’eau pour traiter des minerais toxiques.
| Type de minerai | Eau nécessaire par kg extrait |
|---|---|
| Kaolin | 5 à 10 litres |
| Or* (projets EPONA, BELENOS, TARANIS) | 100 000 à 300 000 litres (selon les procédés) |
Incohérence : Comment justifier de demander aux citoyens de limiter leurs arrosages, aux agriculteurs de limiter leur usage de l’eau, tout en autorisant une mine à gaspiller une ressource vitale pour extraire quelques grammes de métal ? [Source* : ADEME – Impact environnemental des mines d’or, 2021]
La « souveraineté minière », un argument creux
On nous parle d’indépendance nationale pour faire passer la pilule. Mais dans les faits :
- Les métaux extraits seront vendus sur les marchés mondiaux, comme le lithium d’Alsace ou le tungstène d’Ariège.
- La pollution, elle, restera sur place : montagnes de déchets toxiques, sols acides, nappes contaminées.
Sachant que selon l’Agence internationale de l’énergie, les mines en cours d’exploitation et les projets qui vont entrer en production ne permettront de couvrir que 50% de la demande en Lithium en 2030 par exemple. [Source : Les métaux et minerais, des ressources qui pourraient manquer ? – QQF]
Alternative ignorée : La France recycle moins de 30 % de ses déchets électroniques (DEEE), alors que ces « mines urbaines » regorgent de métaux. [Source : ADEME – Chiffres clés DEEE (Déchets d’Équipements Électriques et Électroniques), 2023]
Pourquoi ne pas investir dans cette voie, créatrice d’emplois durables et non polluante ?
Un désastre annoncé pour le cadre de vie
Certains citent la carrière de kaolin de Ploemeur (Morbihan) comme preuve que mines et zones habitées peuvent cohabiter. Mais la comparaison s’arrête là :
- Le kaolin est inerte ; les roches sulfurées des projets EPONA, BELENOS et TARANIS libèrent des métaux lourds et des acides.
- Une petite carrière ≠ un projet industriel géant. En Pays de la Loire et Bretagne, ce sont des paysages en ers qui seront transformés en cratères et terrils toxiques, avec un trafic incessant de camions.
- le Kaolin relève du régime des carrière et non pas des mines. Et qu’au contraire de ce qui est dit dans l’article, l’ouverture d’une mine ne relève pas d’une ICPE mais bien de procédures spécifiques du code minier.
Conséquences :
- Dévalorisation immobilière : À La Mure (Isère), les restrictions d’usage des sols liées à
l’ancienne mine ont diminué la valeur des propriétés dans un rayon de plusieurs kilomètres. [Source : CGEDD – Rapport sur les mines et l’aménagement du territoire, 2018] - Perte du tourisme : Qui viendra randonner ou s’installer dans une région marquée par des poussières toxiques et des digues de boues surveillées à vie ?
Le code minier, vraiment protecteur ?
Comme dit précédemment l’ouverture d’une mine relève de procédures spécifiques du code minier.
On nous assure que les mines en France sont « ultra-contrôlées », et pourtant, selon le Rapport parlementaire sur les mines abandonnées de 2017 :
- Salsigne (Aude) : Mine fermée en 2004, pollution persistante à l’arsenic.
- La Mure (Isère) : Autorisée après 10 ans de procédures, a fini par contaminer la Romanche.
- Coût pour l’État : La dépollution et la surveillance de Salsigne ont coûté plusieurs dizaines de millions d’euros depuis 2004.
Réalité : Les contrôles interviennent souvent trop tard. Une fois la pollution installée, il n’y a pas de retour en arrière.
Kaolin vs Métaux sulfurés : le vrai visage des projets EPONA, BELENOS et TARANIS
Kaolin vs Métaux sulfurés : deux réalités opposées
| Aspects | ProduCTIon de Kaolin | ProducTIon d’Or (Type EPONA, BELENOS, TARANIS) |
|---|---|---|
| Minerai brut pour 1 kg pur |
4 à 5 kg (rendement ~25 %) | 200 000 à 1 000 000 kg (1 à 5 g/tonne) |
| Volume de roche à extraire |
Faible à modéré | Colossal (montagnes de roche pour quelques grammes) |
| Nature des déchets | Sable quartzeux et mica (inertes) |
Poussières de roches sulfurées (toxiques) |
| Toxicité des déchets | Nulle | Élevée (arsenic, acide sulfurique) |
| Devenir des déchets | Valorisa on (remblais, bâtiment) |
Stockage définitif (digues surveillées à vie) |
| Consommation d’eau | 5 à 10 L/kg | 100 000 à 300 000 L/kg |
| Traitement chimique | Quasi nul | Lourd (cyanuration, réactifs toxiques) |
| Impact sur les nappes | Faible | Majeur (risque de DMA irréversible) |
| Usage final | Porcelaine, papier, cosmétique |
Lingots d’investissement, électronique |
Conclusion : refusons un héritage empoisonné
On nous dit de « dormir tranquille ». Nous, habitants et citoyens, refusons de fermer les yeux. Les exemples de Salsigne, Brumadinho (Brésil, 270 morts en 2019) [Source : Rapport ONU, 2020] ou La Mure montrent que les mines ne sont jamais sans risque.
Nous ne sommes pas contre le progrès, mais contre l’hypocrisie :
- Non à une industrie qui exporte les profits et garde la pollution.
- Oui à des solutions durables : recyclage, innovation, respect de nos territoires.
La Bretagne et les Pays de la Loire méritent mieux qu’un avenir de dusters et de digues toxiques.
« Ce texte exprime l’opinion du collectif de citoyens Stop Bélénos et s’appuie sur des données publiques. Il ne vise pas à diffamer, mais à alimenter un débat démocratique sur l’impact des projets miniers. »