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Breizh Ressources a décroché trois permis d’exploration minière dans l’Ouest de la France, couvrant près de 850 km² entre le Morbihan, le Maine-et-Loire, la Loire-Atlantique et l’Ille-et-Vilaine. Or, argent, cuivre, platine et terres rares sont au cœur de ces campagnes, mais ces projets d’exploration, soutenus par l’État, suscitent déjà de fortes inquiétudes locales, notamment à Bécon-les-Granits, dans le Maine-et-Loire.
Trois arrêtés signés par le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, et datés du 3 décembre, ont été publiés mercredi au Journal officiel. Ils autorisent la société Breizh Ressources à lancer plusieurs campagnes d’exploration minière dans quatre départements de l’Ouest de la France.
Sur le terrain, ces autorisations ne font pas l’unanimité. Le projet Bélénos dans le Maine-et-Loire a fédéré près de 200 opposants ce samedi matin à Bécon-les-Granits.
« On se sent sous le choc de cette annonce de l’octroi des permis, explique Laurent Bouiller, porte-parole du collectif Stop Bélénos, car sur la consultation on pense que ça a été quelque chose d’insuffisant par rapport à la population et l’information qu’on a eue, qu’on n’a pas eue, en fait ».
« Il y aura des forages sur un diamètre de 10 cm qui seront rebouchés par la suite, au maximum, il pourrait y avoir une tranchée de faite, toujours avec l’accord des propriétaires, veut rassurer Pierre-Pascal Bigot, adjoint au maire, qui a assisté ce vendredi à une réunion des élus du Maine-et-Loire concernés par le projet, on est loin, loin de la création d’une mine sur le territoire aujourd’hui ».
850 km² couverts
Les trois permis couvrent plusieurs dizaines de communes sur environ 850 km².
Les permis concernent trois périmètres distincts :
- le projet Epona dans le Morbihan sur 51 km²
- le projet Bélénos dans le Maine-et-Loire (10 communes concernées) et Loire-Atlantique (8 communes) sur 440 km²
- le projet Taranis en Loire-Atlantique (2 communes) et en Ille-et-Vilaine sur 360 km²
Pour la société Breizh Ressources, il s’agit d’une étape stratégique.
« L’inventaire de notre sous-sol est une étape essentielle pour mieux connaître nos ressources », a souligné le directeur de l’exploration de Breizh Ressources, Jan-Pol Pallier, cité dans un communiqué.
Des métaux stratégiques pour l’industrie européenne
Les campagnes d’exploration visent une vingtaine de métaux dans l’Ouest de la France. Parmi eux figurent l’or et l’argent, mais aussi le platine, le cuivre et des terres rares.
Ces dernières sont particulièrement recherchées pour leurs usages dans des secteurs industriels clés : transports (aviation militaire, voitures électriques), téléphonie mobile et énergie éolienne.
Ces projets s’inscrivent dans un contexte européen tendu autour des matières premières critiques. L’Union européenne s’est engagée à financer et à accélérer le développement des projets de production de terres rares et autres matières premières critiques pour réduire sa dépendance à la Chine, dont la mainmise sur ces matériaux essentiels à l’économie génère de fortes tensions.
Basée à Lorient, Breizh Ressources se présente comme une start-up spécialisée dans l’étude géologique du sous-sol. L’entreprise est une filiale d’Aurania Resources, société canadienne fondée en 2006. Le permis « Epona » est accordé pour trois ans, tandis que les permis « Bélénos » et « Taranis » le sont pour cinq ans.
Des tensions locales autour des projets miniers
Les oppositions à Breizh Ressources s’inscrivent dans un climat plus large de méfiance vis-à-vis des projets miniers en France.
En Auvergne, par exemple, le projet d’une mine de lithium porté par le groupe industriel Imerys « suscite inquiétudes et oppositions, notamment sur les conséquences sur l’environnement et la gestion de l’eau ».