{"id":1551,"date":"2026-05-29T17:00:44","date_gmt":"2026-05-29T15:00:44","guid":{"rendered":"https:\/\/raslamine.noblogs.org\/?p=1551"},"modified":"2026-05-26T16:31:07","modified_gmt":"2026-05-26T14:31:07","slug":"zinc-plomb-et-etain-lextraction-miniere-au-prix-dune-culture-de-la-mort","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/raslamine.noblogs.org\/?p=1551","title":{"rendered":"Zinc, plomb et \u00e9tain : l\u2019extraction mini\u00e8re au prix \u00ab d\u2019une culture de la mort \u00bb"},"content":{"rendered":"<p>[pomp\u00e9 sur<a href=\"https:\/\/reporterre.net\/Zinc-plomb-et-etain-l-extraction-miniere-au-prix-d-une-culture-de-la-mort\"> reporterre<\/a>]<\/p>\n<p>Des milliers de mineurs boliviens travaillent dans la montagne du Cerro Rico. Voleurs de minerais, \u00e9boulements, maladies&#8230; On y meurt souvent dans l\u2019indiff\u00e9rence g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Il y a une \u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>culture de la mort<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb, confient les veuves.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Sur les hauteurs du Cerro Rico, \u00e0 4\u00a0350\u00a0m\u00e8tres d\u2019altitude, des volutes de vapeur s\u2019\u00e9chappent de la mine El Trueno. Une demi-douzaine de chiens aux c\u00f4tes saillantes observent les nouveaux venus d\u2019un \u0153il m\u00e9fiant. Aux abords des rails qui m\u00e8nent sous terre, quelques cabanes en briques de terre s\u00e9ch\u00e9e et au toit de t\u00f4le. Silvia Mamani Armijo re\u00e7oit dans la pi\u00e8ce de 12\u00a0m\u00b2 qu\u2019elle partage avec ses trois filles et qui fait aussi office de cuisine. Dans un coin, les casiers de bouteilles de bi\u00e8re qu\u2019elle vend aux mineurs s\u2019entassent presque jusqu\u2019au plafond.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re elle, on distingue un portrait de Melanio, son mari, mort il y a un an et demi. <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Un jour, il est all\u00e9 chercher son salaire et boire. Quand il est revenu, il s\u2019est endormi et ne s\u2019est jamais r\u00e9veill\u00e9.<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i> Mort \u00e0 moins de 40\u00a0ans, apr\u00e8s dix-huit ann\u00e9es \u00e0 travailler dans les mines. Une victime de l\u2019industrie mini\u00e8re locale<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>?<\/p>\n<blockquote class=\"spip\"><p>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>On l\u2019a retrouv\u00e9 compl\u00e8tement d\u00e9trouss\u00e9<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Assise sur un lit \u00e0 deux \u00e9tages, son petit cochon d\u2019Inde de compagnie sur les genoux, Silvia retrace leur histoire commune. Elle a grandi sur le Cerro Rico car, comme elle, sa m\u00e8re est <i>guardabocamina<\/i> \u2014 <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>gardienne de mine<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>. \u00c0 16\u00a0ans, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la mine, elle a rencontr\u00e9 Melanio, venu creuser la montagne. <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Il \u00e9tait tr\u00e8s prudent quand il travaillait, il savait o\u00f9 perforer, quand faire attention\u2026<\/i> raconte-t-elle. <i>Il connaissait les risques et savait qu\u2019il pouvait y avoir des effondrements.<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es \u00e0 travailler comme femme de m\u00e9nage <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>en bas<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>, c\u2019est-\u00e0-dire en ville, Silvia Mamani Armijo s\u2019est install\u00e9e avec Melanio aux abords de la mine El Trueno, il y a cinq ans. \u00c0 la mort de son mari, elle n\u2019a pas re\u00e7u un seul centime de la coop\u00e9rative. <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Mais, au moins, ils ne m\u2019ont pas jet\u00e9e dehors, parce que \u00e7a arrive parfois<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>, dit-elle sans ironie.<\/p>\n<p>Depuis, elle continue \u00e0 travailler comme <i>guardabocamina<\/i>. Son salaire de base, pour prot\u00e9ger les outils et la mine des voleurs, est de 60\u00a0euros par mois. \u00c0 c\u00f4t\u00e9, elle vend de l\u2019alcool aux mineurs, cuisine pour eux, trie les minerais \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la mine \u2014 principalement de l\u2019argent, du zinc, du plomb et de l\u2019\u00e9tain.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1552\" src=\"https:\/\/raslamine.noblogs.org\/files\/2026\/05\/veuves_des_mines_de_cerro_rico.webp\" alt=\"veuves_des_mines_de_cerro_rico\" width=\"1050\" height=\"700\" srcset=\"https:\/\/raslamine.noblogs.org\/files\/2026\/05\/veuves_des_mines_de_cerro_rico.webp 1050w, https:\/\/raslamine.noblogs.org\/files\/2026\/05\/veuves_des_mines_de_cerro_rico-300x200.webp 300w, https:\/\/raslamine.noblogs.org\/files\/2026\/05\/veuves_des_mines_de_cerro_rico-1024x683.webp 1024w, https:\/\/raslamine.noblogs.org\/files\/2026\/05\/veuves_des_mines_de_cerro_rico-768x512.webp 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1050px) 100vw, 1050px\" \/><\/p>\n<h3 class=\"spip\"><strong>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Une culture de la mort<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/strong><\/h3>\n<p>L\u2019industrie mini\u00e8re fait tourner l\u2019\u00e9conomie de Potos\u00ed. Elle inonde la ville et sa r\u00e9gion de royalties, en plus des milliers d\u2019emplois qui en d\u00e9pendent. Le nombre de travailleurs fluctue \u00e9norm\u00e9ment, notamment en fonction des prix des m\u00e9taux\u00a0: la Comibol, l\u2019entreprise mini\u00e8re d\u2019\u00c9tat, recensait 12\u00a0000\u00a0mineurs en 2023, et <a class=\"spip_out\" href=\"https:\/\/elpotosi.net\/local\/20250914_reportan-que-alrededor-de-30-mil-personas-trabajan-en-el-cerro-rico.html\" target=\"_blank\" rel=\"external noopener\">30\u00a0000<\/a> en septembre 2025, pour une population de 220\u00a0000\u00a0habitants.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9pendance \u00e9conomique historique \u00e0 la mine \u2014 la ville a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1545 par les colons espagnols apr\u00e8s la d\u00e9couverte d\u2019immenses veines d\u2019argent \u2014 a cr\u00e9\u00e9 <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>une culture de la mort et une culture du pillage<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>, estime Ibeth Garabito, fondatrice de la fondation Musol, qui aide les femmes travaillant dans l\u2019industrie mini\u00e8re. <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Parler de pollution mini\u00e8re, de d\u00e9g\u00e2ts environnementaux, aborder les conditions de travail voire les d\u00e9c\u00e8s miniers, c\u2019est quasiment tabou<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>, ajoute Reyna Machado, ancienne journaliste entr\u00e9e au conseil municipal de Potos\u00ed en 2021.<\/p>\n<p>Preuve de cette omerta face \u00e0 la mort des mineurs, il n\u2019existe qu\u2019une statistique qui y soit li\u00e9e\u00a0: le nombre de d\u00e9c\u00e8s lors d\u2019accidents dans les mines \u2014 123 en 2025, 116 en 2024. <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>C\u2019est ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 mon mari, le plafond de la mine lui est tomb\u00e9 dessus<\/i>, raconte Carmen, rencontr\u00e9e sur la montagne alors qu\u2019elle se pr\u00e9pare \u00e0 aller travailler sous terre. <i>Les secours ont r\u00e9ussi \u00e0 le sortir de l\u00e0 et \u00e0 l\u2019emmener \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, mais il est mort l\u00e0-bas.<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i><\/p>\n<p><i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Ces chiffres sont en dessous de la r\u00e9alit\u00e9<\/i>, estime Ibeth Garabito. <i>Il arrive r\u00e9guli\u00e8rement que la coop\u00e9rative mini\u00e8re paye une petite somme \u00e0 la famille pour que celle-ci r\u00e9cup\u00e8re le corps sans que la police fasse de constat de d\u00e9c\u00e8s, afin de ne pas attirer l\u2019attention.<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i><\/p>\n<blockquote class=\"spip\"><p>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Plus de 10\u00a0accidents mortels par mois<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Il y a une dizaine d\u2019ann\u00e9es, la fondation Musol a tent\u00e9 d\u2019\u00e9tablir le nombre mensuel de morts sur le Cerro Rico. <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Entre l\u2019entreprise mini\u00e8re publique, celles priv\u00e9es, les coop\u00e9ratives, nous avions calcul\u00e9 14\u00a0d\u00e9c\u00e8s par mois, dont 4 \u00e0 la suite d\u2019accidents<\/i>, continue-t-elle. <i>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, nous sommes \u00e0 plus de dix\u00a0accidents mortels par mois.<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i><\/p>\n<p>\u00c0 Potos\u00ed, la mort est vicieuse. Elle prend les hommes de bien des mani\u00e8res. Sandra Tacuri Lopez, \u00e9galement gardienne de mine sur le Cerro Rico, en est convaincue\u00a0: ce sont des <i>jukus<\/i>, des voleurs de minerais, qui ont pris la vie de son mari. <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Il avait bu. Ils ont d\u00fb le pousser, il est tomb\u00e9 sur la t\u00eate et est mort sur le coup. Il n\u2019a pas souffert. On l\u2019a retrouv\u00e9 compl\u00e8tement d\u00e9trouss\u00e9<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>, se rappelle-t-elle.<\/p>\n<p>Selon plusieurs <i>guardas<\/i>, ce type d\u2019incident est en augmentation ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Cela s\u2019explique, entre autres, par la hausse du prix international des m\u00e9taux. <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00c7a arrive de temps en temps qu\u2019un gars se fasse poignarder par une bande de jukus ou de rateros [les voleurs d\u2019outils]<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>, continue Sandra Tacuri Lopez, venue vivre sur la montagne du Cerro Rico apr\u00e8s la mort de son mari.<\/p>\n<h3 class=\"spip\"><strong>Le \u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>mal des mines<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/strong><\/h3>\n<p>Pour d\u2019autres mineurs, au contraire, la mort prend la forme d\u2019une interminable agonie, ravageant leurs poumons tel un lent poison. Le nombre de d\u00e9c\u00e8s dus au <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>mal des mines<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>, nom populaire donn\u00e9 \u00e0 la silicose et aux autres maladies pulmonaires li\u00e9es \u00e0 l\u2019inhalation de poussi\u00e8res, est lui aussi inconnu.<\/p>\n<p>Hector, le mari de Marcelina C\u00f3rdoba Cuestas, en a souffert pendant huit ans, avant de mourir \u00e0 38\u00a0ans. Des ann\u00e9es pass\u00e9es d\u2019h\u00f4pitaux en pharmacies, \u00e0 chercher des m\u00e9dicaments ou de l\u2019oxyg\u00e8ne pour att\u00e9nuer le mal, d\u00e9crit Reyna Mechado, dont le p\u00e8re est aussi mort de la silicose.<\/p>\n<p>Tandis que Marcelina raconte cette p\u00e9riode \u00e0 voix basse, la gorge serr\u00e9e, elle semble revivre les \u00e9preuves pass\u00e9es. Pour elle et ses sept enfants, le destin s\u2019est av\u00e9r\u00e9 \u00eatre d\u2019une cruelle ironie\u00a0: <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Comme nous n\u2019avions quasiment plus d\u2019argent, deux de mes fils ont arr\u00eat\u00e9 le coll\u00e8ge pour aller travailler sur le Cerro Rico pendant un temps, un autre allait faire les fins de march\u00e9s pour r\u00e9cup\u00e9rer ce que laissaient les vendeurs.<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i><\/p>\n<p>\u00c0 la mort de son mari, Marcelina s\u2019est rendue \u00e0 la coop\u00e9rative qui l\u2019employait pour toucher la rente de veuve r\u00e9serv\u00e9e aux associ\u00e9s. C\u2019est alors qu\u2019elle a appris qu\u2019Hector n\u2019\u00e9tait pas associ\u00e9 mais simple p\u00e9on. Et qu\u2019elle ne toucherait aucune indemnit\u00e9. Elle a donc encha\u00een\u00e9 les petits boulots pour survivre\u00a0: cuisine, m\u00e9nage, garde d\u2019enfants\u2026 <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Je ne me rappelle m\u00eame pas tout ce que j\u2019ai fait. J\u2019acceptais tout ce que l\u2019on me proposait.<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1553\" src=\"https:\/\/raslamine.noblogs.org\/files\/2026\/05\/veuves_des_mines_de_cerro_rico-2.webp\" alt=\"veuves_des_mines_de_cerro_rico-2\" width=\"1050\" height=\"700\" srcset=\"https:\/\/raslamine.noblogs.org\/files\/2026\/05\/veuves_des_mines_de_cerro_rico-2.webp 1050w, https:\/\/raslamine.noblogs.org\/files\/2026\/05\/veuves_des_mines_de_cerro_rico-2-300x200.webp 300w, https:\/\/raslamine.noblogs.org\/files\/2026\/05\/veuves_des_mines_de_cerro_rico-2-1024x683.webp 1024w, https:\/\/raslamine.noblogs.org\/files\/2026\/05\/veuves_des_mines_de_cerro_rico-2-768x512.webp 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1050px) 100vw, 1050px\" \/><\/p>\n<p>\u00c0 cette \u00e9poque-l\u00e0, il y a une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, elle a rejoint l\u2019association en cours de cr\u00e9ation des veuves sans rente. Au bout de quelques mois, elle en est devenue la pr\u00e9sidente. <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Nous organisions des formations, des ateliers, par exemple de p\u00e2tisserie, de cuisine, pour trouver plus facilement du travail et nous en sortir \u00e9conomiquement.<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Avec l\u2019aide de la fondation Musol, deux garderies ont aussi \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es, une plut\u00f4t destin\u00e9e aux veuves qui habitent en ville, et une deuxi\u00e8me sur le Cerro Rico, pour accueillir les enfants des <i>guardabocaminas<\/i>. <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>C\u2019\u00e9tait une tr\u00e8s bonne initiative, \u00e7a a facilit\u00e9 l\u2019organisation de nos journ\u00e9es. J\u2019ai m\u00eame travaill\u00e9 dans celle du Cerro pendant plusieurs ann\u00e9es comme cuisini\u00e8re<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>, t\u00e9moigne Marcelina. Faute de financement, les deux garderies ont ferm\u00e9 fin\u00a02016.<\/p>\n<p>Pour Marcelina, la situation s\u2019est l\u00e9g\u00e8rement am\u00e9lior\u00e9e depuis six ans environ\u00a0: <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Mes enfants sont tous majeurs, et aucun ne travaille sur le Cerro Rico.<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i> Car, plus que la mort de son mari, c\u2019est l\u2019id\u00e9e que ses enfants auraient pu finir mineurs qui la hante. <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Un jour, un de mes fils m\u2019a dit qu\u2019il voulait travailler comme mineur, je lui ai dit\u00a0: \u201cSi tu fais \u00e7a, je pr\u00e9f\u00e8re que tu partes et que je n\u2019entende plus jamais parler de toi, plut\u00f4t que de te voir finir comme ton p\u00e8re.\u201d Il a laiss\u00e9 tomber<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>, confie-t-elle en essuyant vivement quelques larmes.<\/p>\n<p>C\u2019est pourtant ce qui arrive \u00e0 de nombreuses veuves ou enfants de mineurs. <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Je vois r\u00e9guli\u00e8rement des femmes arriver pour travailler comme llampiras [celles qui trient les minerais dans et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la mine]<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>, d\u00e9crit Silvia, depuis l\u2019entr\u00e9e de son habitation. Toujours en manque de bras, le Cerro Rico recrute sans distinction et, pour les habitants, quand l\u2019argent manque, le plus simple reste encore souvent la mine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[pomp\u00e9 sur reporterre] Des milliers de mineurs boliviens travaillent dans la montagne du Cerro Rico. Voleurs de minerais, \u00e9boulements, maladies&#8230; On y meurt souvent dans l\u2019indiff\u00e9rence g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. 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